LE TEMPS: Selon les données de l’Office fédéral de la statistique, un Allemand sur cinq est menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale. On parle de « chiffres choquants » dans les commentaires. Monsieur Cremer, le voyez-vous de cette façon aussi?

Georg Crémer : Non. C’est vrai : vous n’êtes pas obligé de vous contenter de votre situation sociale. Mais ce qui me dérange, c’est que nous mesurons la pauvreté d’une manière qui conduit à l’échec de l’État-providence. Le seuil de pauvreté officiel est de 60 pour cent du revenu médian. Quiconque a moins est considéré comme pauvre ou menacé de pauvreté. Si l’on définit la pauvreté de cette manière, il est alors pratiquement impossible de la vaincre. Même dans les États-providence scandinaves, les revenus de nombreuses personnes se situent en dessous de cette limite. Cela conduit au rituel du scandale constant : quoi que fasse l’État-providence, la pauvreté semble persister.

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