PARIS (AP) — Un débat passionné divise l’Assemblée nationale française sur une proposition de loi relative à l’aide à mourir, révélant des fractures au sein même du Rassemblement National (RN). Le point de discorde actuel porte sur les modalités d’administration d’une substance létale pour les patients souhaitant mettre fin à leurs jours.
Initialement, le texte prévoyait que le patient s’administre lui-même le produit, sauf incapacité physique, auquel cas un professionnel de santé interviendrait. Cependant, des amendements ont été adoptés, ouvrant la voie à une administration par un soignant, même en l’absence d’incapacité du patient.
Cette modification est perçue par certains comme un respect de « l’ultime liberté de la personne », permettant au patient de se concentrer sur ses proches plutôt que sur l’acte lui-même, selon la socialiste Océane Godard. D’autres, comme Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons), craignent que cette disposition ne compromette la vérification de la « volonté libre et éclairée » du patient, et donc, l’adoption du texte.
Le RN est lui-même divisé sur la question. Le député Jean-Philippe Tanguy a annoncé qu’il voterait pour le texte malgré l’opposition de la cheffe du groupe RN, Marine Le Pen. Un autre député RN, Théo Bernhardt, a déclaré qu’il ne pourrait plus soutenir le projet de loi si l’amendement sur l’administration par un soignant était maintenu.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a exprimé de vives inquiétudes, qualifiant le texte d’ouverture d’une « boîte de Pandore » sans garanties suffisantes contre les dérives. À l’inverse, Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis, a salué une « avancée humaniste » attendue par de nombreux Français.
Le vote solennel est attendu prochainement, après que l’Assemblée aura tranché sur ces points précis. L’issue reste incertaine, et le débat promet d’être vif. Jean-Philippe Tanguy a déclaré sur TF1 qu’il était convaincu que Marine Le Pen serait finalement « innocentée avec nos amis ».
