Attaque meurtrière dans une mosquée chiite d’Islamabad : Daech revendique la responsabilité, tensions avec l’Afghanistan
ISLAMABAD, Pakistan – Un attentat suicide revendiqué par l’État islamique (Daech) a frappé une mosquée chiite à la périphérie d’Islamabad vendredi, faisant 31 morts et 169 blessés. L’attaque, survenue alors que des fidèles se rassemblaient pour des funérailles, a ravivé les inquiétudes concernant la résurgence du militantisme au Pakistan et a exacerbé les tensions déjà vives avec l’Afghanistan.
L’attentat, le plus meurtrier à Islamabad depuis le bombardement de l’hôtel Marriott en 2008 qui avait fait 63 morts, a été revendiqué par la branche pakistanaise de Daech via son agence de presse Amaq. Selon le groupe terroriste, l’assaillant a d’abord ouvert le feu sur les agents de sécurité à l’entrée de la mosquée avant de se faire exploser à l’intérieur. Daech justifie cette attaque en considérant les chiites pakistanais comme des “réservoirs humains” fournissant des combattants aux milices chiites luttant contre le groupe en Syrie.
Plus de 2 000 personnes endeuillées se sont rassemblées samedi pour les funérailles des victimes, sous haute sécurité. Des responsables gouvernementaux et des leaders de la communauté chiite ont participé aux cérémonies.
Cet attentat s’inscrit dans un contexte de recrudescence des attaques de groupes militants au Pakistan. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a déclaré que les auteurs de l’attaque seraient traduits en justice et a souligné l’importance du soutien international aux efforts de lutte contre le terrorisme du Pakistan.
Les autorités pakistanaises ont arrêté plusieurs suspects, dont des membres de la famille de l’attaquant, lors de raids nocturnes à Islamabad et dans le nord-ouest du pays. Un policier a été tué lors de ces opérations. Selon les autorités, l’attaquant était un ressortissant pakistanais ayant récemment voyagé en Afghanistan.
Cette information a immédiatement provoqué une réaction du gouvernement taliban afghan, qui a condamné l’attaque de la mosquée mais a dénoncé les accusations du ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Mohammad Asif, liant l’attaque à des militants basés en Afghanistan comme étant “irresponsables”. Le Pakistan accuse régulièrement l’Afghanistan, depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021, d’abriter des militants, y compris des membres du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe distinct mais allié aux talibans afghans.
L’attaque a été largement condamnée par la communauté internationale, notamment par les États-Unis, la Russie et l’Union européenne.
Le Pakistan a connu une augmentation significative de la violence militante ces dernières années, imputée en grande partie aux groupes séparatistes baloutches et au TTP. Selon un rapport récent, le pays a enregistré une augmentation record de la violence ciblant les civils en 2023. Les experts estiment que l’instabilité en Afghanistan, combinée à la situation économique difficile du Pakistan, contribue à la radicalisation et à la prolifération des groupes militants.
L’attaque de vendredi souligne la fragilité de la sécurité au Pakistan et la nécessité d’une coopération régionale renforcée pour lutter contre le terrorisme. Le gouvernement pakistanais est confronté à un défi majeur pour maintenir la stabilité et protéger sa population contre les menaces croissantes.
[Intégration potentielle d’un tweet officiel du Premier ministre Sharif condamnant l’attaque et appelant à la coopération internationale.]
[Intégration potentielle d’une vidéo de reportage de l’Associated Press sur les funérailles et les réactions à l’attaque.]
Source : Associated Press
