À l’issue de huit semaines de prise d’oxaloacétate, les scores moyens de détresse cognitive de dix-huit survivantes d’un cancer du sein sont passés de 29,1 à 55,5, selon une étude de phase II du UCLA Health Jonsson Comprehensive Cancer Center publiée dans JCO Oncology Advances.
Environ 15 % à 25 % des femmes qui survivent à un cancer du sein font face à des troubles persistants de la mémoire, de la concentration et de la vitesse de traitement. Souvent appelé cerveau de chimiothérapie ou brouillard mental, ce déclin cognitif pèse lourdement sur la vie quotidienne des patientes longtemps après la fin des protocoles oncologiques.
L’oxaloacétate joue un rôle clé dans la production d’énergie cellulaire ainsi que dans la régulation du glutamate au niveau cérébral. Les scientifiques soupçonnent l’inflammation liée au cancer et à ses traitements de perturber ces mécanismes biologiques essentiels.
Une étude menée par le UCLA Health Jonsson Comprehensive Cancer Center a par exemple indiqué qu’un complément nutritionnel pouvait atténuer les symptômes de fatigue, tandis qu’un essai clinique mené par le UCLA Health Jonsson Comprehensive Cancer Center auprès de patientes suggère que cette approche favorise des améliorations.
Évaluation de l’oxaloacétate sur dix-huit patientes
Pour évaluer l’efficacité de ce composé, l’équipe menée par le UCLA Health Jonsson Comprehensive Cancer Center a suivi dix-huit femmes atteintes d’un cancer du sein de stade précoce. D’une moyenne d’âge d’environ 50 ans, ces participantes se trouvaient entre une et cinq années après leur diagnostic initial. La quasi-totalité d’entre elles recevait une thérapie endocrinienne, et la majorité avait subi une chimiothérapie.

Durant huit semaines, chaque participante a pris un supplément de 500 milligrammes d’oxaloacétate deux fois par jour. Seize d’entre elles ont mené l’essai à terme.
À l’issue des deux mois, les questionnaires d’évaluation de la détresse cognitive ont fait basculer le groupe d’un seuil clinique d’altération à une tranche considérée comme normale.
Observations sur la fatigue et la fonction exécutive
Les examens neuropsychologiques ont mis en évidence des gains nets en matière de vitesse de traitement et de fonctions exécutives, englobant la planification et la concentration. Les patientes ont également déclaré une baisse marquée de la fatigue physique et mentale, accompagnée d’une meilleure condition physique générale.
Comme l’a indiqué le Dr Patricia Ganz, professeure émérite de médecine à la David Geffen School of Medicine de l’UCLA et à la UCLA Fielding School of Public Health, selon Uclahealth : « Les troubles cognitifs liés au cancer peuvent persister longtemps après la fin des traitements et avoir un impact significatif sur la vie quotidienne d’une personne, pourtant nous disposons encore de très peu de traitements efficaces. »
Sur le plan de la tolérance, le traitement a généré des effets secondaires principalement gastro-intestinaux, tels que des ballonnements, des nausées, des indigestions ou de la constipation. Deux patientes ont dû interrompre la prise du complément en raison de ces désagréments, sans qu’aucun effet indésirable grave ne soit répertorié par l’équipe médicale.
Prochaines étapes de la recherche clinique
L’essai ne comportait ni groupe placebo ni comparatif, ce qui impose la plus grande prudence quant à l’imputabilité directe du supplément.
Selon le Dr Patricia Ganz, première auteure de l’étude, d’après Uclahealth : « Ces premiers résultats nous donnent une raison solide de continuer à étudier l’oxaloacétate comme approche potentielle pour gérer les problèmes cognitifs après un traitement contre le cancer du sein. »
Des travaux précliniques sur des modèles murins se déroulent parallèlement pour analyser en profondeur les voies d’action de l’oxaloacétate sur la fatigue, tandis qu’un nouvel essai clinique de phase II randomisé et contrôlé par placebo doit s’ouvrir vers la fin de l’année 2026.
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