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Ouganda : Museveni dénonce la corruption massive au Parlement

Museveni qualifie la corruption de « trahison » : le leadership du Parlement ougandais sur la sellette

KAMPALA — Dans un discours marqué par une colère inhabituelle, le président Yoweri Museveni a lancé un avertissement sévère aux nouveaux membres du Parlement, qualifiant la corruption de « trahison envers le peuple ». Cette sortie, perçue comme un verdict politique, fragilise sérieusement la position de la présidente du Parlement, Anita Among, et de son adjoint, Tayebwa.

Pour Yoweri Museveni, le constat est sans appel : la corruption est un « cancer qui ronge l’âme de la nation ». S’adressant aux députés fraîchement élus, le chef de l’État a insisté sur le fait que le leadership de la 11e législature a laissé place à une culture d’impunité, transformant l’institution législative en une source de honte plutôt qu’en un pilier de gouvernance.

Un sillage de scandales financiers et matériels

L’indignation présidentielle s’appuie sur une série de dossiers documentés où les fonds publics ont été détournés au profit d’intérêts privés. Parmi les affaires les plus emblématiques, le scandale des bus du Commonwealth Parliamentary Conference (CPC) a marqué les esprits. Des véhicules procurés pour l’État ont disparu, avant que l’un d’eux ne soit retrouvé à la Bukedea Comprehensive School, une institution privée liée à Anita Among, avec des plaques d’immatriculation altérées.

Un sillage de scandales financiers et matériels
Anita Among Parlement Anita

Plus grave encore, l’affaire des tôles de Karamoja a attiré l’attention de la communauté internationale. Plus de 100 000 tôles, destinées aux populations les plus vulnérables de la région, ont été détournées. Ce scandale a conduit le Royaume-Uni à imposer des sanctions contre Anita Among pour corruption et usage abusif de ressources publiques, alors que des milliards de shillings s’évaporaient alors que des familles restaient sans abri.

Analyse d’impact : Le détournement de ressources humanitaires dans des zones précaires comme le Karamoja transforme un crime financier en une crise sociale majeure, justifiant l’intervention de sanctions internationales.

Une gestion opaque des fonds parlementaires

L’enquête sur les finances de la 11e législature révèle un système de prélèvements irréguliers. Des documents ont mis en lumière des retraits massifs d’argent liquide via des comptes privés liés à la présidente Among et à son personnel. Ces opérations, souvent maquillées en projets communautaires ou missions de sensibilisation, ont violé les règles financières parlementaires. À titre d’exemple, plus de 500 millions d’UGX ont été retirés sans reddition de comptes sur un seul trimestre.

From Instagram — related to Museveni, Anita Among

À cela s’ajoutent deux autres axes de gaspillage :

  • Les primes de service : Environ 1,7 milliard d’UGX ont été distribués aux commissaires parlementaires sous forme de « prix de service », une mesure largement condamnée par l’opinion publique.
  • Les frais de déplacement : Des rapports indiquent que le leadership parlementaire a réclamé des per diem et des indemnités de voyage excessifs lors de missions à l’étranger, contrastant violemment avec la hausse du coût de la vie pour les citoyens ougandais.

Vers un renouvellement du leadership ?

Le ton employé par le président Museveni suggère que le temps de la tolérance est révolu. En rappelant que le leadership est une question de service et non d’enrichissement personnel, il a envoyé un signal clair : Anita Among et Tayebwa pourraient être écartés pour restaurer la dignité de l’institution.

President Museveni warns officials on corruption

Pour les nouveaux députés, le message est un avertissement : ne pas répéter les erreurs de leurs prédécesseurs. Pour le pays, c’est l’espoir d’un retour à l’intégrité.

[Insérer ici : Lien vers X.com/vidéo du discours de Yoweri Museveni sur la corruption]

L’issue politique reste à observer, mais la virulence des propos présidentiels laisse présager un remaniement profond à la tête du Parlement, alors que Museveni cherche à protéger son héritage de stabilité et de discipline face à une corruption qu’il ne peut plus ignorer.

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