OMS : bilan de la vaccination et marche d’élèves à Kinniya

À l’occasion de la Journée mondiale contre la poliomyélite 2026, l’OMS dresse un bilan contrasté de la vaccination en Afrique tandis que des étudiants de Kinniya mènent une marche de sensibilisation.

La lutte contre la poliomyélite fait face à des défis persistants en Afrique en cette année 2026, malgré les campagnes massives de vaccination menées à travers le continent. Le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique a rappelé à l’occasion de la Journée mondiale contre la poliomyélite que l’éradication de la maladie exige un engagement indéfectible et des financements durables.

Les efforts de vaccination face aux contraintes financières

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2026, un total supérieur à 168 millions d’enfants a bénéficié d’au moins une administration de vaccin antipoliomyélitique à travers 55 opérations menées dans 22 nations. Ces efforts s’appuient sur la mobilisation des agents de santé et des dirigeants communautaires. Plus de 10 millions de mineurs ont pu être immunisés grâce à des actions concertées menées en Angola, en Namibie ainsi qu’en République démocratique du Congo (RDC), guidées par des informations de laboratoire issues de données génétiques.

Cependant, les contraintes financières pèsent lourdement sur la stratégie régionale. Les programmes ciblent désormais en priorité les zones à haut risque, délaissant d’autres communautés vulnérables. En RDC, la transmission reste un problème grave. Faute de financement, les cycles de vaccination supplémentaires prévus pour contrer la flambée de type 2 demeurent non financés, compromettant les objectifs d’éradication fixés pour 2026.

OMS : bilan de la vaccination et marche d'élèves à Kinniya
Photo : Virakesari

Progrès sanitaires et résurgence du virus

Le continent africain conserve l’acquis historique de sa certification comme exempt de poliovirus sauvage autochtone obtenue en 2020. Par ailleurs, des examens indépendants attestent de l’extinction des épidémies liées au poliovirus de type 2 au Burundi, au Ghana, en Guinée-Bissau, en Ouganda et en République du Congo.

Malgré ces succès, la détection d’un cas de poliovirus de type 1 à Madagascar démontre la fragilité des progrès lorsque des lacunes subsistent dans la couverture vaccinale. La surveillance s’appuie également sur des analyses d’eaux usées et des outils géospatiaux. En 2025, les laboratoires régionaux ont examiné plus de 100 000 échantillons, tandis que de nouvelles technologies comme le séquençage nanopore (DDNS) sont testées pour réduire les délais d’analyse.

Nous allons éradiquer la polio !

Mobilisation locale et perspectives régionales

À l’échelle locale, la mobilisation se poursuit sous différentes formes. Les élèves de la quatrième année du Collège Central de Kinniya ont organisé une marche de sensibilisation menant jusqu’au bureau du médecin sanitaire préfectoral, arborant des banderoles et scandant des slogans pour marquer cette journée mondiale.

Pour l’avenir, les ministres de la santé de la région ont adopté en août dernier le Cadre relatif à la transition pour la poliomyélite (2026-2035) lors de la soixante-seizième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique. Ce plan vise à intégrer les capacités de lutte contre la poliomyélite dans les systèmes de santé nationaux. L’OMS salue par ailleurs l’appui de ses partenaires, incluant le Rotary International.

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