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Olympiens : ces athlètes ont un deuxième emploi

Les Jeux Olympiques : un rêve doré, une réalité financière précaire pour les athlètes

PARIS – L’éclat des médailles olympiques et la ferveur des compétitions masquent souvent une réalité économique difficile pour les athlètes de haut niveau. Loin des contrats publicitaires mirobolants et des fortunes associées aux célébrités, la majorité des participants aux Jeux Olympiques doivent jongler avec des emplois secondaires pour financer leur entraînement et leur vie quotidienne.

Le coût de la préparation olympique est exorbitant. Il peut varier de dizaines de milliers à plus de 100 000 dollars par an, selon la discipline. Sports d’hiver comme le ski et le patinage sont particulièrement onéreux, avec des dépenses importantes liées aux voyages, à l’équipement, aux heures de glace, au coaching, à la physiothérapie et à l’assurance. Pourtant, le Comité International Olympique (CIO) ne verse pas de salaire aux athlètes pour leur participation aux Jeux. Leur seule source de revenus provient des aides de leurs pays respectifs, dont le montant varie considérablement en fonction des performances et des politiques nationales.

Les écarts sont frappants. Un médaillé d’or singapourien peut empocher près de 750 000 dollars, tandis qu’un athlète américain se contente de 38 000 dollars, selon les données du Comité National Olympique américain et des analyses de CNBC datant de juillet 2024. Ces sommes sont ensuite réduites par les impôts et autres frais.

Un coup de pouce financier, mais différé

Cette année, les athlètes américains bénéficieront d’une aide exceptionnelle : un don de 100 millions de dollars de Ross Stevens, fondateur et PDG de Stone Ridge Holdings Group, leur permettra de recevoir 200 000 dollars chacun. Cependant, cette somme n’est pas versée immédiatement. La première moitié est conditionnée à l’âge de 45 ans, ou 20 ans après leur première participation aux Jeux, et la seconde est destinée à leurs familles après leur décès. Une initiative saluée par Stevens lui-même, qui estime que “l’insécurité financière ne devrait pas empêcher les athlètes d’élite de repousser les limites de l’excellence”.

Des métiers pour joindre les deux bouts

Face à cette précarité, de nombreux athlètes américains sont contraints d’exercer un second emploi. L’exemple de Keely Cashman, skieuse alpine américaine qualifiée pour les Jeux de 2026, est révélateur. Elle travaille à mi-temps comme barista dans le café familial, “Serene Bean”, situé dans une petite ville de Californie comptant seulement 86 habitants.

D’autres athlètes témoignent de situations similaires. Chris Plys, curleur, gère l’entreprise de courtage alimentaire familiale, Plys Superior Consulting, tout en s’entraînant et en participant aux compétitions. Il avait même participé à une émission de télé-réalité en 2010 pour aider ses parents à financer leur voyage aux Jeux Olympiques de Vancouver. Tara Peterson, curleuse comme Plys, exerce la profession de dentiste, tandis que Bradley Wilson, spécialiste du ski de bosses, a développé une activité de vente d’œuvres d’art pour compléter ses revenus.

Un modèle économique à repenser ?

Ces exemples soulignent un paradoxe : l’écart entre la puissance commerciale de la marque olympique et la situation financière souvent précaire de ses athlètes. Selon les données de Statista, les revenus totaux du CIO se sont élevés à 4,8 milliards de dollars pour le cycle olympique 2017-2020. Il est donc légitime de se demander si une redistribution plus équitable des revenus générés par les Jeux ne serait pas nécessaire pour assurer une vie digne aux athlètes qui incarnent l’esprit olympique.

La situation des athlètes olympiques met en lumière une question plus large : celle du financement du sport de haut niveau et de la reconnaissance de la valeur des athlètes, non seulement en tant que compétiteurs, mais aussi en tant qu’ambassadeurs de leurs pays et de l’idéal olympique. Le débat est ouvert.

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