Des astronomes ont identifié un nouvel objet céleste situé au-delà de l’orbite de Neptune, une découverte qui pourrait enrichir la liste des planètes naines du système solaire. Désigné temporairement sous le nom de 2026 ED138, cet objet a été détecté grâce aux observations de l’observatoire Vera C. Rubin, situé au sommet du mont Cerro Pachón, dans le nord du Chili.
Une détection permise par des outils de nouvelle génération
L’identification de 2026 ED138 a été rendue possible par les capacités d’observation de l’observatoire Vera C. Rubin, inauguré en avril 2025 et dont le programme scientifique principal, le Legacy Survey of Space and Time (LSST), a débuté en juin 2026. Matthew Holman, astronome au Centre d’astrophysique de Harvard et du Smithsonian, a mis en évidence cet objet en analysant des données automatisées.
Le processus d’identification a révélé que 2026 ED138 n’était pas un objet nouvellement apparu, mais une entité déjà présente dans les archives astronomiques. Des données antérieures indiquent que l’objet avait été capté dès 2016 par la caméra d’énergie noire (Dark Energy Camera) installée sur le télescope Víctor M. Blanco, à l’observatoire interaméricain de Cerro Tololo, au Chili. Toutefois, ce n’est qu’avec les outils d’analyse avancés de l’observatoire Vera C. Rubin que les chercheurs ont pu confirmer sa trajectoire et son existence. Entre le 4 mars et le 11 juillet 2026, l’observatoire a enregistré l’objet à 30 reprises sur 20 nuits d’observation.
L’observatoire Vera C. Rubin situé au Chili a découvert un objet de 600 à 1500 km de large au-delà de l’orbite de Neptune. Répertorié 2026 ED138, ce pourrait être une nouvelle planète naine. Nos explications👇https://t.co/bFlQLfG35y pic.twitter.com/jPa8zeu71l
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Caractéristiques et défis observationnels
Situé dans la ceinture de Kuiper, une région riche en objets glacés, 2026 ED138 orbite à environ 46 unités astronomiques du Soleil, une distance nettement supérieure à celle de Neptune. Sa détection a longtemps été entravée par deux facteurs majeurs : sa position dans le ciel de l’hémisphère sud et sa localisation dans le plan de la Voie lactée, où la densité d’étoiles rend difficile l’identification de corps célestes en mouvement.
Les estimations actuelles suggèrent que le diamètre de l’objet se situerait entre 600 et 1 500 kilomètres. Selon les critères établis par l’Union astronomique internationale (UAI) en 2006, une planète naine doit orbiter autour du Soleil, posséder une masse suffisante pour que sa propre gravité lui confère une forme quasi sphérique, et ne pas avoir fait le vide dans son voisinage orbital. Bien que la taille de 2026 ED138 laisse présager une forme sphérique, les scientifiques soulignent que des observations complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces propriétés physiques.

Vers une reconnaissance officielle
Si 2026 ED138 obtient le statut de planète naine, il rejoindrait le groupe composé actuellement de Pluton, Cérès, Éris, Hauméa et Makémaké. La découverte a été officiellement annoncée lors d’une conférence organisée par la division des sciences planétaires de l’American Astronomical Society à Spokane, dans l’État de Washington.
Matthew Holman a précisé que la détermination précise de la taille de l’objet reste un défi, car la luminosité observée peut varier selon la réflectivité de la surface. L’utilisation de radiotélescopes puissants, tels que l’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), pourrait permettre de mesurer l’objet dans des longueurs d’onde plus longues, offrant ainsi une évaluation plus rigoureuse de ses dimensions. En attendant, la communauté scientifique continue d’analyser les données pour mieux comprendre la nature de ce lointain habitant du système solaire.
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