La ville de Leipzig a lancé une initiative conjointe visant à encourager l’utilisation de la vaisselle réutilisable dans le secteur de la restauration, optant pour une approche partenariale plutôt que pour des contraintes fiscales. Cette démarche intervient alors que la question du passage du jetable au réutilisable mobilise de longue date les autorités locales, les organisations professionnelles et les associations environnementales, comme le rapporte le Leipziger Zeitung.
Les acteurs économiques et la Ville s’unissent pour éviter de nouvelles taxes
Le 1er novembre 2026, plusieurs acteurs institutionnels et économiques majeurs — parmi lesquels l’Industrie- und Handelskammer zu Leipzig, la Handwerkskammer zu Leipzig, DEHOGA Sachsen et City Leipzig Marketing e. — ont uni leurs forces pour lancer la campagne intitulée « Leipzig bestellt Vielfalt – mit Mehrweg ».
Cette mobilisation fait suite à des discussions menées à plusieurs reprises au sein du conseil municipal concernant l’éventuelle instauration d’une taxe sur les emballages à usage unique, une idée qui s’était heurtée aux réticences des chambres consulaires et de certaines entreprises locales.
Selon Clemens Schülke, maire chargé des affaires économiques de la ville de Leipzig, l’objectif est de rendre le réutilisable possible là où cela a du sens, et ce, sans imposer de nouvelles taxes ni alourdir la bureaucratie. Dans le cadre de cette offensive, des enquêtes sont actuellement menées auprès des entreprises et des visiteurs de l’hyper-centre pour identifier les zones où ces solutions peuvent être optimisées, en ciblant particulièrement les snacks, les boulangeries et les cafés.
Divergences de vues avec le BUND Leipzig
Du côté des associations de protection de l’environnement, l’accueil est plus réservé. Le BUND Leipzig, qui œuvre depuis des années pour inciter les restaurateurs du centre-ville à adopter des systèmes réutilisables pour la vente à emporter, émet de grands doutes face à cette nouvelle démarche.
Anika Jahn, co-présidente du BUND Leipzig, qualifie cette offensive de « teure Scheinlösung » (solution de façade coûteuse) destinée à évincer une taxe sur les emballages jugée plus efficace et équitable pour les pollueurs. L’organisation indique que, malgré l’obligation légale d’offre de réemploi introduite en Allemagne en 2023 et la campagne d’information « Allerlei to go » menée avec le service de propreté urbaine, la part de marché du réutilisable stagne à 1,6 % (contre 0,8 % auparavant) partout où aucune taxe spécifique sur les emballages n’a été mise en place.
Parallèlement, les analyses comparatives sur les cycles de vie, telles que l’étude TemaNord 2024:515 publiée par le Conseil nordique des ministres et relayée par mon-emballage-alimentaire.fr, rappellent que la rentabilité environnementale et économique des contenants réutilisables dépend étroitement du nombre de rotations effectuées, estimé à au moins six utilisations dans le scénario de base, ainsi que des conditions de lavage et du taux de retour effectif par les consommateurs.
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