La NASA a publié le 29 octobre un appel à informations pour étudier des solutions commerciales permettant de rehausser l’orbite du télescope spatial Hubble, de le moderniser ou d’organiser sa rentrée contrôlée dans l’atmosphère terrestre d’ici 2032, alors que l’observatoire perd de l’altitude sans propulsion propre.
L’industrie privée appelée à sauver le télescope spatial Hubble
Le Centre spatial Goddard de la NASA a officiellement lancé une démarche auprès de l’industrie spatiale. Il explore des concepts de sauvetage concernant son observatoire le plus emblématique.
Lancé en avril 1990, le télescope opère à une altitude d’environ 300 miles (483 kilomètres). Il perd progressivement de la hauteur sous l’effet de la traînée atmosphérique.
Sans système de propulsion pour maintenir son erre, l’appareil descend à un rythme d’environ 9 miles (14,6 kilomètres) par an, selon un suivi orbital.
Les entreprises intéressées ont jusqu’au 30 novembre à 15 h pour répondre à ce appel d’offres exploratoire.
L’agence spatiale ne prend aucun engagement financier immédiat. Elle n’a pas budgétisé de mission pour l’instant.

L’objectif consiste à évaluer les capacités techniques actuelles, les coûts potentiels et la faisabilité d’une intervention avant que l’orbite ne devienne intenable.
Jared Isaacman a déclaré : « Hubble a encore d’importantes découvertes scientifiques devant lui, et nous devrions examiner toutes les opportunités raisonnables pour qu’il continue à produire des résultats aussi longtemps que possible. »
Trois scénarios techniques soumis aux prestataires
Le document technique préparé par les équipes de Goddard détaille trois scénarios distincts que les prestataires potentiels peuvent examiner.
Chaque proposition doit impérativement garantir l’intégrité de l’appareil et se concrétiser d’ici 2032.
I also did not love how they pulled my quotes from podcasts. What the article does not capture is the official position of the joint study and hopefully that comes out. On surface it looks like "billionaire wants to touch Hubble and NASA said hell no", but that is not what…
- Capturer l’observatoire en orbite terrestre basse et le remonter à une altitude d’au moins 373 miles (600 kilomètres).
- Mener une mission de maintenance pour améliorer ses performances, accroître sa résilience et prolonger sa durée de vie opérationnelle.
- Exécuter une manœuvre de rentrée atmosphérique contrôlée pour éliminer l’appareil en toute sécurité.
Le contractant retenu éventuel devrait fournir le lanceur, le véhicule de service et le personnel requis pour les opérations de vol.
De son côté, le centre Goddard s’engage à partager les données techniques et à coordonner les procédures de rendez-vous et de capture.
La décélération naturelle menace l’appareil d’une chute incontrôlée
La dernière impulsion orbitale de Hubble remonte à 2002, lors d’une mission de la navette spatiale Columbia.
Le vol final de service en 2009 n’avait pas modifié son altitude, et le retrait des navettes deux ans plus tard a privé l’agence de moyens de rehaussement.
L’altitude est ainsi passée de 362 miles (583 kilomètres) en 2002 à environ 292 miles (470 kilomètres) aujourd’hui.

Les calculs de dynamique orbitale évaluent qu’il existe une probabilité de 10 pour cent pour que Hubble rentre dans l’atmosphère dès septembre 2032, un risque qui grimpe à 50 pour cent d’ici décembre 2033.
L’activité solaire accrue accélère ce déclin en dilatant les couches supérieures de l’atmosphère.
La NASA a publié le 29 octobre des prévisions alarmantes.
Une étude technique interne a par ailleurs estimé à 1 sur 330 le risque de faire une victime lors d’une rentrée totalement non guidée en 2033.
One note from the STScI town hall at #AAS247 today: the median reentry date for Hubble, based on current modeling, is 2033; a <10% chance of reentry by 2029.
Ce chiffre dépasse largement le seuil standard de l’agence fixé à 1 sur 10 000.
La communauté astronomique défend un outil scientifique irremplaçable
Malgré l’âge de l’observatoire et son passage récent à un mode de fonctionnement reposant sur un seul gyroscope pour préserver sa stabilité, la demande des astronomes reste extrêmement forte.
Le télescope fait face à un taux de sursouscription de sept demandes pour un seul créneau disponible, produisant plus de mille publications par an.
Aucun remplaçant spécialisé dans l’ultraviolet et le visible n’étant prévu avant l’arrivée de l’observatoire Habitable Worlds Observatory dans les années 2040, la perte de Hubble laisserait un vide prolongé.
Ce nouveau dossier intervient après le récent échec partiel du projet mené avec la jeune pousse Katalyst Space Technologies pour secourir le télescope Swift, doté d’un contrat de 30 millions de dollars.

Si ce premier essai de remorquage robotique a connu des difficultés de contrôle d’attitude, Hubble dispose d’un avantage technique considérable.
Il possède un anneau d’amarrage souple installé en 2009 pour faciliter l’accrochage par un engin tiers.
Le calendrier des décisions à venir
La consultation publique ouverte par la NASA se terminera le 30 novembre 2026.
Les informations recueillies serviront à concevoir un éventuel appel d’offres formel, bien qu’aucun calendrier précis ni enveloppe budgétaire n’aient encore été arrêtés pour une mission de sauvetage concrète.
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