La NASA a mis à jour ses plans pour le programme Artemis, visant à poser des astronautes sur la Lune en 2028 tout en ajustant l’architecture des missions et en évaluant les options de SpaceX et Blue Origin pour les atterrisseurs lunaires.
Les ajustements du programme Artemis et l’architecture des missions lunaires
La NASA a revu sa stratégie pour le programme Artemis afin de simplifier les tâches des véhicules d’atterrissage développés par SpaceX et Blue Origin.
L’une des transformations majeures concerne le trajet de la capsule Orion. Auparavant, le véhicule devait atteindre l’orbite de halo près rectilinéaire (NRHO), un parcours complexe sur le plan de la propulsion. Suite à l’abandon de la station Lunar Gateway, la NASA a redéfini le profil de vol. Dans la nouvelle architecture, le vaisseau Starship de SpaceX doit s’amarrer avec Orion en orbite terrestre haute. Pour l’alunisseur Blue Moon de Blue Origin, plusieurs lancements de la fusée New Glenn sont programmés, avec une option à l’étude pour un rendez-vous plus proche de la Lune en orbite basse.
Le vol d’essai d’Artemis III et les tests de rendez-vous en orbite
Prévue pour l’été 2027, la mission d’essai Artemis III ne posera pas directement d’équipage sur le sol lunaire. Elle se concentrera sur la validation des procédures d’amarrage entre la capsule Orion et les atterrisseurs commerciaux. Orion se placera d’abord sur une orbite elliptique avant de monter à environ 555 kilomètres d’altitude pour gérer les conditions thermiques, puis s’amarrera au véhicule Blue Moon au troisième jour du vol à une altitude d’environ 439 kilomètres.
Cependant, le calendrier fait face à des aléas techniques. Un rapport interne transmis aux équipes a évoqué un retard d’environ 90 jours pour la mission Artemis III. Parallèlement, une récente anomalie survenue lors d’un test de Starship le 28 septembre — où l’un des moteurs Raptor a cessé de fonctionner après la séparation des étages — rappelle les défis techniques inhérents aux systèmes de propulsion au méthane, bien que l’engin ait réussi à atteindre l’orbite et à déployer une charge commerciale selon l’analyse des répercussions sur le calendrier.
La diversification des fournisseurs et le rôle de Blue Origin et SpaceX
Pour accélérer le développement et réduire la complexité, la NASA mise sur une saine concurrence entre SpaceX et Blue Origin. Alors que SpaceX conçoit une version de Starship en acier inoxydable, Blue Origin déploie une stratégie nécessitant quatre tirs de fusée New Glenn pour acheminer les étages de transfert et le module Blue Moon Mark 2 en orbite sans recourir à un transfert de carburant en vol lors des premières missions.

Face aux retards accumulés par SpaceX, Jared Isaacman a indiqué que l’agence donnerait la priorité au prestataire qui se présentera le premier avec un atterrisseur opérationnel répondant aux exigences. Aucune attribution définitive n’a encore été prononcée pour la mission Artemis IV en 2028, ouvrant la porte aux deux industriels selon l’avancement de leurs préparatifs.
Malgré les incertitudes techniques et la pression exercée par le projet concurrent de la Chine pour 2030, l’agence maintient son cap pour ramener des humains sur le pôle Sud de la Lune pour la première fois depuis la mission Apollo 17 en 1972.
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