Percée scientifique : Une protéine pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre l’autisme
San francisco, Californie – Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco ont identifié un mécanisme potentiel reliant l’inflammation pendant la grossesse à un risque accru d’autisme chez l’enfant. L’étude, publiée récemment, met en lumière le rôle crucial de la microglie, les cellules immunitaires du cerveau, et de la protéine IGF-1 dans le développement des interneurones, des cellules nerveuses essentielles à la interaction cérébrale.
L’équipe de recherche a découvert que la microglie produit de l’IGF-1, une protéine qui semble favoriser le développement des interneurones GABAergiques, un type spécifique d’interneurone impliqué dans la régulation de l’activité neuronale. Des expériences sur des modèles murins ont montré que la perturbation de ce processus n’affectait pas la prolifération des interneurones, un résultat surprenant qui suggère que ce mécanisme pourrait être plus crucial chez l’humain, qui possède un nombre d’interneurones significativement plus élevé que la souris.
“Une infection sévère pendant la grossesse augmente les chances d’avoir un enfant autiste, et nos résultats suggèrent un mécanisme via une interaction génétique-environnementale,” explique xianhua piao, professeur de pédiatrie et néonatologiste à l’UCSF.L’inflammation, une réponse immunitaire à une infection ou autre insulte environnementale, pourrait perturber la capacité de la microglie à soutenir le développement des interneurones GABAergiques, particulièrement en présence de facteurs génétiques de vulnérabilité.
Implications pour le futur : vers des thérapies ciblées ?
Cette découverte ouvre des perspectives thérapeutiques prometteuses. L’IGF-1 pourrait devenir une cible pour des interventions visant à compenser les effets néfastes de l’inflammation pendant la grossesse. Une forme synthétique d’IGF-1, le troptide, est déjà approuvée par la FDA américaine pour le traitement du syndrome de Rett, une autre condition neurologique.
“S’il existe des moyens de maintenir la microglie en bonne santé ou de la restaurer une fois qu’elle a été compromise, je pense que ce serait révolutionnaire,” souligne Marie-Eve Tremblay, professeur de neurobiologie à l’Université de Victoria, qui n’a pas participé à l’étude.
Une question de genre ?
Les recherches futures devront également explorer si la manière dont la microglie nourrit le développement des interneurones GABAergiques diffère entre les hommes et les femmes.Les mécanismes immunitaires étant souvent différents selon le sexe, cette question pourrait aider à expliquer le dimorphisme sexuel observé dans les cas d’autisme, où le diagnostic est plus fréquent chez les garçons.
Comprendre l’autisme : un défi complexe
L’autisme est un trouble neurodéveloppemental complexe qui affecte la communication et le comportement. Bien que les causes exactes de l’autisme restent inconnues, on pense qu’il résulte d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Les recherches comme celle-ci sont cruciales pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’autisme et développer des stratégies de prévention et de traitement plus efficaces. La sensibilisation à l’importance d’un environnement intra-utérin sain, notamment en matière de prévention des infections, reste un élément clé de la prise en charge de la santé maternelle et infantile.
