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100 migrants réclament des salaires impayés à deux entreprises singapouriennes

La mobilisation massive au centre de Bendemeer

Le 22 juin 2026, plus de 100 travailleurs migrants, principalement originaires d’Inde et du Bangladesh, se sont rassemblés au centre de services du ministère de la Main-d’œuvre (MOM) à Bendemeer. Ils réclament le paiement de salaires impayés par les entreprises KPA Engineering et SK Industries, dont les activités semblent avoir cessé brusquement.

La mobilisation massive au centre de Bendemeer

La mobilisation massive au centre de Bendemeer
Photo: ETHRWorld.com
Dès 9 heures ce lundi matin, l’atmosphère au centre de services du MOM a été marquée par l’arrivée d’une foule de travailleurs en quête de réponses. Selon les observations rapportées par The Straits Times, au moins 100 employés ont été escortés à l’intérieur du bâtiment après avoir été identifiés comme faisant partie des effectifs de KPA Engineering. Ces travailleurs, spécialisés dans la maintenance de climatiseurs et les travaux électriques, se sont tournés vers les autorités après avoir constaté que leurs employeurs étaient devenus injoignables. La situation a nécessité l’intervention immédiate des responsables du ministère pour gérer l’afflux de demandeurs d’aide.

Des salaires impayés et des difficultés de subsistance

Derrière la mobilisation se cache une réalité financière précaire pour de nombreux travailleurs sous permis de travail. Les témoignages recueillis soulignent un retard de paiement s’étendant sur deux à trois mois, plongeant ces employés dans une instabilité totale. L’impact financier varie selon les individus, mais les sommes dues sont considérables pour des travailleurs gagnant des salaires modestes. CNA rapporte le cas de M. Zakir Hossin, âgé de 38 ans, qui affirme lui devoir plus de 4 000 $ singapouriens (environ 3 100 $ US). Bien qu’il ait reçu 200 $ il y a deux semaines, cette somme est jugée insuffisante pour subvenir à ses besoins essentiels. Voici un récapitulatif des créances signalées par les travailleurs :
Individu / GroupeMontant des impayés signalés
M. Zakir Hossin (38 ans)Plus de 4 000 $
Travailleur anonyme1 400 $
Autre travailleur4 000 $
Un autre travailleur indien, nommé Sampath, a exprimé son désarroi face à l’impossibilité de contacter sa direction après avoir tenté de résoudre le litige à l’amiable.

« Nous avons appris que l’entreprise avait cessé ses activités. Nous sommes inquiets car nous n’avons pas été payés depuis un certain temps. Nous ne savions pas vers qui d’autre nous tourner. »

Des salaires impayés et des difficultés de subsistance
Photo: AsiaOne
Sampath, via The Straits Times

L’absence des dirigeants et le siège de KPA Engineering

La traque des responsables de KPA Engineering semble être une impasse pour les employés. Les travailleurs ont découvert il y a environ quatre jours que leur lieu de travail était fermé et que les portes étaient verrouillées. Une enquête de terrain menée par les médias a mené au 42 Tagore Lane, l’adresse enregistrée de l’entreprise. Sur place, l’unité est désormais occupée par la société CHL Construction, qui s’est installée dans les lieux en septembre 2025, après le départ de KPA Engineering. Un employé de CHL Construction a précisé que son entreprise n’avait aucun lien avec le prestataire de services de climatisation. Les détails sur la structure de l’entreprise ajoutent une couche de complexité à l’enquête. Selon les informations de ETHRWorld, KPA Engineering compte deux directeurs, tous deux étrangers. L’un d’eux, résident permanent à Singapour, dirige par ailleurs six autres sociétés opérant dans les secteurs de l’ingénierie, de la plomberie et de la climatisation.

« Nous ne parvenons pas à trouver les patrons. Nous les appelons, mais nous ne pouvons pas les trouver, c’est pourquoi nous sommes venus ici. »

Frais de transfert : la ponction cachée sur les salaires des migrants
M. Zakir Hossin, via CNA

Mesures d’urgence et enquêtes réglementaires

Face à cette crise, le ministère de la Main-d’œuvre (MOM) et l’Alliance tripartite pour la gestion des différends (TADM) ont activé plusieurs protocoles d’assistance. L’objectif est double : assurer la survie immédiate des travailleurs et identifier les responsables des violations du droit du travail. Mme Ng Hwei Min, directrice générale de la TADM, a précisé que les efforts se concentrent sur le soutien logistique et la régularisation de la situation professionnelle des employés.

« Notre priorité immédiate est d’aider les travailleurs en leur fournissant le soutien nécessaire durant cette période. Nous travaillons également très étroitement avec le Migrant Workers’ Centre pour nous assurer qu’ils ont accès à un logement et à des repas appropriés. »

Mesures d'urgence et enquêtes réglementaires
Ng Hwei Min, via AsiaOne Pour éviter que ces travailleurs ne se retrouvent sans ressources ou sans statut légal, le ministère a pris une décision cruciale pour leur avenir immédiat.

« Nous permettons également aux travailleurs de changer d’employeur, afin qu’ils puissent chercher un nouvel emploi, s’ils le souhaitent, pendant que nous traitons leur situation. Le MOM enquête également sur deux entreprises pour des violations possibles et prendra des mesures si nécessaire. »

Porte-parole du MOM, via The Straits Times En parallèle, le Migrant Workers’ Centre (MWC) a publié un communiqué pour rassurer la communauté des travailleurs migrants, affirmant sa détermination à les accompagner dans leurs démarches de recours.

« Le MWC reste déterminé à soutenir les travailleurs migrants et à s’assurer qu’ils reçoivent l’aide dont ils ont besoin. »

MWC, via AsiaOne L’enquête du MOM se poursuit pour déterminer si les manquements de KPA Engineering et SK Industries relèvent de simples difficultés financières ou de violations délibérées de la législation sur l’emploi.

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