L’Ontario fait face à une recrudescence de la maladie de Lyme, avec la confirmation de deux nouveaux cas humains dans la région de Waterloo cette semaine. Les autorités sanitaires alertent sur l’expansion des tiques à pattes noires, un phénomène accentué par le changement climatique, et appellent à une vigilance accrue lors des activités de plein air.
L’émergence de la maladie de Lyme dans la région de Waterloo
Jusqu’à cette semaine, la région de Waterloo n’avait rapporté aucun cas humain de maladie de Lyme. La situation a toutefois évolué avec la confirmation de deux cas et la suspicion d’un troisième par la Santé publique de la région de Waterloo (ROW Public Health). Bien que ce chiffre puisse sembler limité, il marque une transition importante pour la zone.

Selon les données rapportées par CityNews Kitchener, la région de Waterloo n’est pas l’épicentre des infections en Ontario, mais elle s’inscrit dans une tendance provinciale à la hausse. Pour situer l’ampleur de la situation actuelle, voici une comparaison des cas signalés cette année :
| Région de santé publique | Nombre de cas signalés (année en cours) |
|---|---|
| Southeastern Public Health (zone de Kingston) | 141 |
| Ottawa | 53 |
| Waterloo Region | 2 confirmés, 1 possible |
Bernadette Moussa, gestionnaire de la santé publique pour la région de Waterloo, précise que la transmission ne peut se produire que si une tique à pattes noires infectée reste attachée à l’humain pendant au moins 24 heures.
L’expansion géographique liée au dérèglement climatique
Le déplacement des populations de tiques vers de nouveaux territoires n’est pas un hasard biologique. Les experts lient directement cette progression aux modifications environnementales.

« Ce que nous observons, c’est que le nombre de cas de maladie de Lyme a augmenté progressivement au cours des cinq dernières années, tant en Ontario que dans la région de Waterloo. Mais cela est attendu en raison des impacts environnementaux du changement climatique, qui a étendu la portée géographique des tiques à pattes noires à travers la province. »
Bernadette Moussa, gestionnaire de la santé publique, via CityNews Kitchener
Cette expansion est corroborée par le gouvernement de l’Ontario, qui note une présence de ces insectes presque partout dans la province. Les statistiques cumulées depuis 2021 sont révélatrices de la pression sanitaire croissante :
- Plus de 10 000 cas de maladie de Lyme recensés en Ontario depuis 2021.
- Plus de 300 cas d’anaplasmose depuis 2023.
- Environ 30 cas de babésiose et 20 cas du virus Powassan signalés depuis 2023.
Le Dr Kieran Moore, médecin-hygiéniste en chef, souligne l’urgence de la prévention face à cette nouvelle réalité géographique.
« Alors que les cas de maladie de Lyme et d’autres maladies transmises par les tiques augmentent et que les tiques continuent de s’étendre dans de nouvelles zones, de plus en plus d’Ontariens pourraient être exposés aux morsures de tiques. »
Dr Kieran Moore, médecin-hygiéniste en chef, via BayToday.ca
Méthodes de retrait et mesures de protection essentielles
La gestion d’une morsure de tique repose sur une technique précise. Les autorités déconseillent formellement les méthodes traditionnelles telles que l’utilisation de vaseline ou la chaleur d’une allumette pour étouffer l’insecte, car ces pratiques peuvent provoquer la régurgitation des agents pathogènes dans la peau.
L’utilisation de pinces à bouts fins est la méthode recommandée pour saisir la tique le plus près possible de la peau, sans l’écraser.
« Vous devez vous assurer de retirer la tête et la bouche de la tique. Vous ne voulez pas laisser un morceau de la tique qui se nourrit encore sur la peau de la personne, car cela pourrait être infecté. »
Bernadette Moussa, gestionnaire de la santé publique, via CityNews Kitchener
Une fois la tique retirée, il est impératif de nettoyer la zone avec de l’eau et du savon, puis de désinfecter avec de l’alcool ou de l’iode. Les résidents peuvent également soumettre une photo de l’insecte au site etick.ca pour faciliter son identification.
Prévenir l’infection par des gestes simples
Pour limiter les risques, la ministre de la Santé, Sylvia Jones, rappelle que la prudence est de mise dès que les températures s’élèvent.

« Alors que nous sortons pour profiter du temps plus chaud, il est important de nous protéger de la maladie de Lyme et d’autres maladies transmises par les tiques. En prenant de simples précautions, les Ontariens peuvent se protéger, eux et leurs familles, tout en profitant de plein air dans notre belle province. »
Sylvia Jones, vice-première ministre et ministre de la Santé, via BayToday.ca
Les recommandations officielles incluent les mesures suivantes :
- Porter des vêtements de couleur claire pour repérer les tiques plus facilement.
- Privilégier les manches longues et rentrer le bas des pantalons dans les chaussettes.
- Utiliser des répulsifs contenant du DEET ou de l’icaridine.
- Effectuer des contrôles corporels réguliers sur soi, ses enfants et ses animaux après chaque sortie.
- Passer les vêtements à la sécheuse à haute température pendant au moins 10 minutes avant de les laver.
En cas de symptômes tels qu’une fièvre, une fatigue intense, des douleurs articulaires ou une éruption cutanée circulaire ressemblant à une cible, il est crucial de consulter un professionnel de la santé rapidement. En Ontario, les pharmaciens sont désormais habilités à évaluer les morsures de tiques et à prescrire des médicaments appropriés pour prévenir la maladie, facilitant ainsi un accès rapide aux soins.
Consultez toujours votre professionnel de la santé pour tout diagnostic ou inquiétude médicale.
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