Argentine : Pression monte sur le président de la Chambre des députés pour débloquer le débat sur le DNU
Buenos Aires – Une forte pression s’exerce sur Martín Menem, le président de la Chambre des députés argentine, pour qu’il accélère l’examen du décret d’urgence (DNU) promulgué par le président Javier milei. L’envoi du projet de loi au Sénat est retardé, suscitant des inquiétudes quant à une possible obstruction institutionnelle.
Le DNU,qui vise à déréglementer une large gamme de secteurs de l’économie argentine,a été approuvé par la Chambre des députés le 8 octobre. Cependant, son acheminement au Sénat est bloqué, selon des sources parlementaires, par le bureau de Menem.
Fernando Carbajal, député de Démocratie pour Toujours, a exprimé son inquiétude, soulignant la “nécessité de rediscuter de la direction de la Chambre après le changement législatif du 10 décembre”. Il a dénoncé un “chapitre de plus des différents épisodes” témoignant d’une “dégradation institutionnelle” du gouvernement actuel. Carbajal a également souligné que le retard empêche le Sénat de se réunir cette semaine.
La présidence de la Chambre des députés justifie le retard par la charge de travail consécutive à la séance marathon du 8 octobre et par le jour férié du 10 octobre. Elle assure que l’activité législative a repris et que des convocations à des séances extraordinaires ont été organisées pour interroger des responsables gouvernementaux, dont Karina Milei, Luis Caputo et Mario Lugones.
Contexte et enjeux :
Le DNU de Javier Milei représente une rupture majeure avec les politiques économiques traditionnelles de l’Argentine. Il vise à réduire la taille de l’État, à libéraliser le commerce et à attirer les investissements étrangers.L’adoption de ce décret est cruciale pour la mise en œuvre du program de réformes radicales promis par le président Milei.
Le débat autour du DNU est particulièrement sensible dans un contexte de crise économique et sociale persistante en Argentine. L’opposition dénonce un projet qui menace les droits sociaux et aggrave les inégalités. Le bloc péroniste au Sénat s’oppose fermement au DNU et pourrait tenter de le modifier ou de le rejeter.
Le retard dans l’examen du DNU soulève des questions sur l’indépendance du pouvoir législatif et sur la volonté du gouvernement de respecter les procédures démocratiques. La situation est d’autant plus préoccupante que le gouvernement Milei a déjà été critiqué pour son manque de transparence et pour son attitude jugée autoritaire.
L’avenir du DNU et la capacité du gouvernement à mettre en œuvre son programme de réformes dépendront de l’issue de ce bras de fer politique.
