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Macron lève l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie pour faciliter le dialogue

Macron lève l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie pour faciliter le dialogue

2024-05-27 10:54:24

Le président français Emmanuel Macron a décidé de ne pas prolonger l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie pour faciliter le dialogue entre indépendantistes et syndicalistes pro-français dans ce territoire français d’outre-mer situé dans le Pacifique Sud. L’Elysée a annoncé dans un communiqué que la levée de l’état d’urgence sera effective à partir de 20 heures ce lundi (heure de Paris), ce qui, compte tenu du décalage horaire, correspond à 5 heures du matin mardi à Nouméa.

Macron a pris cette décision trois jours après un voyage éclair dans cet archipel pour tenter de trouver une sortie de crise. Après avoir passé 17 heures à Nouméa, le président n’a pas réussi à ramener le calme et l’ordre dans l’archipel. Bien que l’état d’urgence soit levé, d’autres mesures de sécurité restent en place : le couvre-feu en vigueur de 18 heures à 6 heures du matin sur tout le territoire calédonien et l’interdiction de porter et transporter des armes, de rassembler et de vendre de l’alcool, a annoncé le Haut-Commissaire de la République. Nouvelle-Calédonie dans un communiqué.

L’état d’urgence, en vigueur en Nouvelle-Calédonie depuis le 15 mai, peut être déclaré en cas de danger imminent résultant de violations graves de l’ordre public. Elle permet de décréter des assignations à résidence, la fermeture des lieux publics ou encore de procéder à des réquisitions ou perquisitions administratives, selon la loi française.

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Macron a décidé de lever l’état d’urgence près de deux semaines après son entrée en vigueur pour faciliter les réunions des différents groupes indépendantistes et des mouvements d’élus qui pourraient réclamer la levée des points de blocus.

Le chef de l’Etat a condamné les barrages routiers et les pillages et a souligné que “ces violences ne peuvent prétendre s’inscrire dans le cadre d’une action politique légitime”. Le président a rappelé que la fin des blocus est “une condition nécessaire à l’ouverture de négociations concrètes et sérieuses”.

Désescalade

Macron s’est dit confiant dans la capacité des élus calédoniens à “rétablir le dialogue” et a appelé une nouvelle fois à la désescalade. “Plus nous laisserons la violence augmenter, plus il y aura, chaque jour, de chaque côté, de nouvelles bonnes raisons de continuer à être plus violents”, a prévenu Macron.

Le président a annoncé l’envoi de 450 gendarmes supplémentaires en Nouvelle-Calédonie. La France avait jusqu’à présent mobilisé 3 000 policiers et gendarmes pour tenter de rétablir l’ordre. Depuis le début des émeutes, 122 policiers et gendarmes ont été blessés et 450 personnes ont été arrêtées, selon les chiffres officiels.

Les dernières heures ont été marquées par « un retour progressif à la normale », selon le Haut-Commissaire de la République de Nouvelle-Calédonie, même si l’ordre n’est pas encore totalement rétabli dans l’ensemble de l’archipel. L’aéroport international de Nouméa-La Tontouta restera fermé aux vols commerciaux au moins jusqu’au dimanche 2 juin.

Troubles

Depuis le 13 mai, la Nouvelle-Calédonie est le théâtre d’émeutes, d’incendies, de pillages, de barrages routiers et de fusillades, au cours desquels sept personnes sont mortes, dont deux gendarmes. Macron a envoyé des médiateurs à Nouméa pour aider les élus à parvenir à un accord global.

Les émeutes ont commencé à coïncider avec le débat à l’Assemblée nationale française d’une réforme constitutionnelle visant à élargir les listes électorales pour les élections provinciales et à inclure les autochtones et les résidents résidant en Nouvelle-Calédonie depuis plus de dix ans. Les indépendantistes kanak exigent le retrait de la réforme électorale controversée. Ils voient dans cette réforme constitutionnelle un stratagème du gouvernement français visant à “réduire encore” la voix du peuple kanak d’origine et ainsi empêcher le Kanaky – comme les indépendantistes appellent la Nouvelle-Calédonie – de devenir un jour indépendant de la France.

Le recensement est “gelé” pour les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie depuis l’accord de Nouméa de 1998 et est limité aux personnes ayant alors le droit de vote et à leurs descendants. Cela empêche, selon le gouvernement français, près d’un électeur sur cinq inscrit au recensement des élections législatives de voter, ce que l’Exécutif considère comme injuste et antidémocratique. Macron s’est engagé à geler pour l’instant la promulgation de la réforme électorale controversée afin de permettre aux dirigeants indépendantistes et pro-français de parvenir à un accord global satisfaisant les deux parties.



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