Le ministre de l’Administration intérieure, Luís Neves, organise une conférence de saisie ce mercredi à 18h00 à Lisbonne pour répondre aux polémiques concernant des travaux dans sa propriété d’Odemira et la découverte d’une remorque de drogue confisquée chez l’entrepreneur de Barcelos.
Le ministre de l’Administration intérieure, Luís Neves, prend la parole ce mercredi à 18h00 dans les installations de son ministère à Lisbonne, ainsi que le rapportent plusieurs médias nationaux. Cette intervention publique intervient alors que le membre du gouvernement fait face à des remous médiatiques majeurs liés à des contrats de travaux et à une enquête sur une remorque saisie dans le cadre d’une affaire de trafic de stupéfiants.
Les explications promises par Luís Neves sur ses biens et les contrats d’Odemira
Au cours des dernières semaines, Luís Neves a répété qu’il rassemblait les documents nécessaires pour éclaircir l’ensemble des polémiques. Samaritain de sa propre défense, il a affirmé se sentir absolutamente tranquilo
et a promis d’expliquer en temps voulu la question ponto por ponto
, selon des propos rapportés par la plateforme d’information Sapo. L’intéressé avait également écarté toute démission immédiate, assurant qu’il ne serait plus en fonction s’il estimait manquer des conditions requises.

La tempête politico-médiatique a débuté le 10 juillet, lorsque l’hebdomadaire Nascer do Sol a révélé que Luís Neves avait engagé la société Construbarcelos pour rénover un bien immobilier lui appartenant à São Teotónio, dans la commune d’Odemira. Or, cette même entreprise avait déjà obtenu des marchés publics auprès de la Polícia Judiciária (PJ) à l’époque où Luís Neves en dirigeait la direction nationale. D’après les publications de presse confirmées par le ministre lors d’une interview télévisée, la société a reçu environ 1,9 million d’euros en contrats publics entre 2020 et 2025. Sollicitée par l’agence Lusa, la municipalité d’Odemira a indiqué qu’elle vérifiait la légalité des travaux réalisés sur ce bien privé, précisant qu’aucun processus de permis de construire n’était en cours pour ces bâtiments.
L’enquête de la Polícia Judiciária sur la remorque saisie et retrouvée à Barcelos
L’affaire s’est complexifiée le 17 juillet lorsque la Polícia Judiciária a annoncé l’ouverture d’une enquête sur une remorque saisie dans une procédure de trafic de drogue et découverte par la suite stationnée à Barcelos, attelée à un camion de la société Construbarcelos. D’après le communiqué de la direction nationale de la PJ, l’institution a eu connaissance le 14 juillet qu’une semi-remorque saisie, dans le cadre d’une enquête liée au trafic de stupéfiants, avait été déplacée et garée à Barcelos, ainsi que le relate jn.pt.

Face à ces informations, un dossier a été ouvert afin d’élucider les circonstances de ce déplacement allégué, qui pourrait confirmer la commission d’infractions criminelles. La PJ a confirmé que le matériel se trouvait de nouveau sous sa garde, tout en précisant que les produits transportés n’avaient pas de nature stupéfiante. Par la suite, le directeur financier de l’institution, Álvaro Pires, aurait assumé la responsabilité de la livraison et de la garde provisoire de ce bien saisi en décembre 2024 auprès de l’entrepreneur de Barcelos.
La réaction du Parquet général de la République et l’agenda politique de São Bento
L’affaire implique également le Parquet général de la République (PGR), qui a confirmé l’existence d’une procédure liée à des biens saisis dans le cadre de l’« Operação Pacoba ». L’enquête a été confiée directement au ministère public, sans délégation à aucun corps de police criminelle. Parallèlement, des informations parues dans la presse font état d’une ordonnance émise par la magistrate en charge du dossier pour détruire 62 fûts de produits chimiques saisis en décembre 2024, lesquels auraient pourtant été retrouvés intacts par la PJ à Barcelos, sur le site de l’entreprise d’Odemira.

À l’approche de la prise de parole ministérielle, le chef du gouvernement doit s’entretenir à 17h00 à São Bento avec le secrétaire général du Parti socialiste, José Luís Carneiro, afin de faire le point sur l’ensemble de ces dossiers et sur l’avenir politique du ministre de l’Intérieur, selon le Jornal de Negócios.
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