Le pétrole a dépassé 108 dollars le baril ce lundi 14 septembre 2026, porté par la fermeture de l’oléoduc saoudien Est-Ouest après des attaques de drones et par les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz.
Les marchés pétroliers ont entamé la semaine sous le choc d’un week-end marqué par des frappes stratégiques et des blocages diplomatiques dans le Golfe. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a gagné 3,36% à 108,12 dollars, selon les données enregistrées vers 09h20 GMT. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, prenait 3,55% à 103,60 dollars. Ces hausses prolongent la dynamique de la semaine précédente, qui avait déjà permis aux cours de reconquérir le seuil psychologique des 100 dollars.
L’arrêt de l’oléoduc saoudien supprime la principale voie de secours d’Ormuz
La tension s’est brusquement intensifiée après l’annonce de l’Arabie saoudite confirmant la fermeture temporaire de son oléoduc Est-Ouest. L’infrastructure, longue de 1 200 kilomètres à travers la péninsule arabique, relie la région orientale (Province orientale) aux terminaux de la mer Rouge et à la ville de Yanbu. Elle permettait d’expédier le brut sans emprunter le détroit d’Ormuz.

D’après un communiqué du ministère de l’Énergie saoudien, le tracé traversant les régions de Riyad et de Médine a subi plusieurs impacts le jeudi 10 septembre 2026. Les autorités ont immédiatement ordonné l’arrêt préventif du flux de brut, qui a des capacités de transport d’environ 7 millions de barils par jour, pour parer aux dégâts humains et matériels. Le ministère des Affaires étrangères saoudien a indiqué que les engins explosifs provenaient de l’Irak.

En réponse à l’incident, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a ordonné une enquête urgente sur l’origine des tirs et a démis de ses fonctions le chef des opérations de la province de Maysan, d’où le lancement des drones a été identifié. De surcroît, deux sources de sécurité ont rapporté à l’agence Reuters que l’Irak a fermé à titre préventif le poste-frontière de Shalamcheh avec l’Iran, artère vitale pour les échanges commerciaux et alimentaires.
L’impasse sécuritaire et diplomatique dans le détroit d’Ormuz
La fermeture de l’oléoduc saoudien intervient au pire moment, alors que le transit maritime à travers le détroit d’Ormuz subit des restrictions sévères depuis le déclenchement du conflit armé entre les États-Unis et l’Iran fin février.

Les navires marchands naviguent sous haute tension. Un navire a été touché dimanche dans le détroit, causant la mort d’une personne et en blessant trois autres. Les équipages doivent désormais solliciter l’autorisation préalable de Téhéran pour transiter, tandis que les forces américaines ripostent régulièrement en bombardant le littoral iranien pour contester ce contrôle imposé.
Les perspectives d’apaisement se sont également assombries après la décision d’Oman de reporter une réunion cruciale prévue ce lundi entre l’Iran et les pays du Golfe concernant l’avenir de la voie maritime. D’après les autorités iraniennes, le report fait suite à une demande de Riyad motivée par l’embrasement des affrontements au Yémen avec les rebelles houthis.
Le diesel s’envole aux États-Unis sur fond de pénurie mondiale
La flambée des cours du brut se transmet directement aux produits raffinés, alimentant une crise des carburants sans précédent aux États-Unis. Le prix moyen du gallon de diesel a franchi le seuil historique des 6 dollars, atteignant 6,23 dollars selon l’Association automobile américaine (AAA), contre 3,71 dollars un an plus tôt.
Interrogé par des journalistes lors d’un déplacement en Irlande, le président américain Donald Trump a imputé une part de la tension sur le marché des carburants aux frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes.
Cependant, les données de marché contredisent en partie cette lecture géopolitique globale. Selon le cabinet de conseil Lipow Oil Associates, l’interdiction des exportations de diesel décidée par Moscou en raison des attaques sur ses raffineries prive le marché de 800 000 barils par jour. En comparaison, les perturbations logistiques autour du détroit d’Ormuz entraînent à elles seules la perte d’environ 1,2 million de barils quotidiens.
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