Liban : Le président Aoun appelle l’armée à reprendre le contrôle exclusif du Sud
BEYROUTH — Dans une déclaration marquant un tournant stratégique pour la stabilité nationale, le président libanais Aoun a affirmé que les Forces armées libanaises (FAL) doivent redevenir l’unique autorité sécuritaire dans le sud du pays.
Ce plaidoyer pour un retour à la souveraineté étatique intervient alors que le Liban traverse une période de tensions exacerbées, où l’équilibre entre les forces institutionnelles et les acteurs non étatiques demeure précaire. Pour le chef de l’État, le déploiement intégral de l’armée n’est plus une option, mais une nécessité impérieuse pour garantir l’ordre public.
La diplomatie comme ultime recours
Le président Aoun a été catégorique sur la direction que doit prendre le pays : la voie des négociations est désormais la seule issue viable. Selon lui, toutes les autres alternatives, y compris les confrontations armées, ont été épuisées sans apporter de solution durable.
« Il est temps que [l’armée] revienne pleinement et assume ses responsabilités en tant qu’autorité unique pour la sécurité là-bas », a déclaré le président, soulignant l’urgence de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
L’intégralité de cette position a été relayée via les canaux officiels de la présidence :
Consulter la déclaration sur X (anciennement Twitter)
Un rempart contre les tensions confessionnelles
L’enjeu de ce redéploiement dépasse la simple gestion territoriale ; il s’agit d’un effort pour préserver la cohésion sociale du Liban. En évoquant indirectement l’influence du Hezbollah et d’autres factions, le président Aoun a lancé un avertissement sévère contre toute tentative d’instrumentalisation religieuse ou sectaire.
Il a martelé que la « paix civile est une ligne rouge » et que ceux qui chercheraient à attiser les tensions confessionnelles pour déstabiliser le pays ne pourraient réussir.
Analyse : Pourquoi cette décision est cruciale
Pour les observateurs internationaux et les institutions de sécurité, le retour de l’armée comme seule autorité dans le Sud est essentiel pour plusieurs raisons :
- Légitimité internationale : Un contrôle exclusif par l’armée libanaise facilite les dialogues diplomatiques avec les puissances régionales et internationales.
- Prévention des conflits : En éliminant la dualité du pouvoir sécuritaire, l’État réduit les risques d’escalade incontrôlée à la frontière.
- Stabilité interne : Le renforcement des institutions étatiques est le seul moyen de protéger le Liban contre l’effondrement social et les clivages sectaires.
L’appel du président Aoun place désormais les Forces armées libanaises au centre de la stratégie de survie nationale, transformant l’institution militaire en dernier rempart contre l’instabilité.
