Le Brésil a officiellement intégré le groupe des pays à développement humain « très élevé » en 2024, atteignant un indice de 0,805, selon les données publiées ce mardi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Cette performance historique, en hausse par rapport au score de 0,744 enregistré en 2012, reflète des avancées marquées dans l’éducation et la longévité.
Une progression historique portée par les politiques sociales
Le franchissement du seuil de 0,800, qui définit la catégorie « très élevée » sur l’échelle de l’indice de développement humain municipal (IDHM), marque une étape significative pour le pays. En l’espace de treize ans, le Brésil a su transformer des indicateurs qui, il y a trois décennies, se situaient encore dans la tranche basse, sous le seuil de 0,555. Cette évolution est le fruit d’une conjonction de facteurs, notamment une augmentation de l’investissement dans les politiques publiques et une amélioration tangible des résultats éducatifs.
Les données, présentées à Brasilia par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), soulignent que le pourcentage d’adultes ayant complété leur éducation primaire a bondi pour atteindre 76,63 % en 2024, soit une progression de dix points par rapport à 2012. Le revenu moyen par habitant a également suivi une trajectoire ascendante, passant d’environ 103 dollars à près de 134 dollars au cours de la même période, ce qui représente une croissance de près de 35 %.
Au cœur des débats sur cette réussite, le programme de transfert de revenu « Bolsa Família » occupe une place centrale. Selon le secrétaire général de la Présidence, Guilherme Boulos, l’efficacité de cet outil de distribution de richesse est désormais démontrée par les chiffres.
« Aún se cuestionan los méritos de programas como el Bolsa Familia, pero resultados como este demuestran su impacto. » (Les mérites de programmes comme le Bolsa Família sont encore remis en question, mais des résultats comme celui-ci démontrent leur impact.) Guilherme Boulos, secrétaire général de la Présidence, via Infobae.
Persistance des fractures sociales et régionales
A íntegra do discurso de Lula diante do Planalto
Malgré l’optimisme général, le rapport du PNUD met en lumière des disparités structurelles persistantes. Si le pays affiche une moyenne nationale flatteuse, l’analyse détaillée des données révèle que le développement n’est pas uniforme. Les écarts entre les régions, ainsi qu’entre les différents groupes ethniques et les genres, demeurent des obstacles majeurs à une équité pleine et entière.
La coordinatrice de l’Unité de développement humain du PNUD Brésil, Betina Barbosa, a souligné que le pays continue de favoriser les hommes blancs par rapport aux femmes et à la population noire. Les statistiques sont éloquentes : alors que les Brésiliens blancs enregistrent un IDH de 0,851 — comparable à celui de pays comme l’Uruguay ou la Turquie — la population noire affiche un taux de 0,774, classé seulement comme « élevé ».
« Hemos perdido cerca del 20% del potencial del IDH del país debido a la exclusión de parte de la población », a déclaré Betina Ferraz Barbosa, soulignant le manque à gagner en termes de développement humain global dû à ces inégalités. Cette exclusion se reflète également dans les revenus : à titre d’exemple, le revenu moyen dans l’État du Maranhão, considéré comme l’un des plus pauvres, avoisine les 96 dollars, contre plus de 290 dollars à Brasilia.
Le rôle moteur des zones métropolitaines
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Un élément inédit de ce rapport réside dans la performance des régions métropolitaines. Historiquement, le sud et le sud-est du pays dominaient les classements, avec Florianópolis en tête de liste, affichant un indice remarquable de 0,874. Toutefois, le rapport note que la progression nationale est désormais tirée vers le haut par des zones qui étaient autrefois perçues comme périphériques.
Dans la région du Nord-Est, historiquement la plus défavorisée, sept régions métropolitaines ont atteint pour la première fois un IDH « très élevé ». Cette dynamique suggère un rééquilibrage progressif, bien que lent, des opportunités à travers le territoire national. Les chercheurs, en collaboration avec la Fondation João Pinheiro, ont utilisé les données de l’Enquête nationale par échantillonnage de ménages continue (PNAD Contínua) de l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) pour cartographier ces changements.
À l’avenir, le défi pour le Brésil consistera à pérenniser cette croissance tout en s’attaquant aux racines des inégalités ethniques et de genre qui freinent encore le plein potentiel de sa population. Si les programmes de transfert de revenu ont constitué une base solide, le débat public semble désormais se déplacer vers la nécessité de politiques structurelles plus ciblées pour réduire l’écart entre les strates de la société.