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L’essor du soutien scolaire privé : entre solidarité et marchandisation

L’essor du soutien scolaire privé : entre solidarité et marchandisation

Des étudiants, des professeurs et des retraités se portent volontaires pour aider les élèves en difficulté. Il existe de nombreuses structures (Cogito, Superprof, Apprentus, Mysherpa, Student Academy, GoStudent, etc.) qui regroupent les offres et proposent des tarifs variés. Anne, étudiante en 3e année de psychologie, admet : “C’est vrai que c’est un petit budget.” Depuis la rhéto, elle donne des cours de physique, chimie, bio et mathématiques car elle a réussi l’examen d’entrée en médecine. Elle déclare : “Au début, je demandais 15 €, maintenant je demande 20 €.

Anne donne des cours particuliers en sciences. ©D.R.

Jackpot pour certains professeurs

Alors qu’Anne se situe dans la fourchette “raisonnable” avec son tarif, un cours privé peut atteindre jusqu’à 50 € par heure. Sur la plateforme GoStudent, des abonnements sont proposés pour une heure de cours par semaine pendant 6, 12, 18 ou 24 mois. Le prix moyen d’un cours est d’environ 25 €. Un an de cours, à raison d’une heure par semaine, coûte 964 €. Lucie Poncet, responsable de la communication, souligne que les prix sont les mêmes pour toutes les matières et tous les niveaux, et qu’ils n’ont pas changé depuis août 2020.

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Chez Student Academy, les tarifs varient en fonction du nombre d’heures et du niveau. Le directeur de l’ASBL Matthieu Verstraeten explique : “Nos tarifs vont de 32 à 40 euros de l’heure. Suite à une indexation, nous avons augmenté le salaire des professeurs, ce qui a été répercuté sur le client. En 10 ans, nous avons augmenté de deux euros par heure.”

Malgré l’envie de nombreux individus d’aider les élèves en difficulté, certaines demandes de tarifs peuvent être remises en question. Certains demandent plus de 100 €, voire même 150 € pour un chercheur et assistant en mathématiques appliquées à l’Université catholique de Louvain.

Le problème, c’est la marchandisation : un marché entier se développe avec des professeurs particuliers et des coachs très chers,” dénonce Joëlle Lacroix, secrétaire générale de la Fapeo (Fédération de parents de l’enseignement officiel). “Les parents ne sont pas des enseignants, l’apprentissage et la réussite scolaire relèvent de la responsabilité de l’école.

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Explosion depuis le Covid

Du côté des matières, rien de nouveau. Les élèves rencontrent toujours des difficultés en mathématiques et en physique. Les langues (néerlandais et anglais) posent également beaucoup de problèmes. Depuis le Covid, la demande explose. Le recours à un professeur particulier dure de plus en plus longtemps. “Les élèves ont de nombreuses lacunes. Je dois revoir beaucoup plus les bases car tout n’est pas acquis”, observe Anne. Christian Dengis, à la coordination des Écoles des devoirs de la province de Liège, analyse : “Depuis le Covid et la crise énergétique, le décrochage scolaire augmente et est exacerbé par l’état de détresse en santé mentale des jeunes.”

La pénurie d’enseignants (et donc l’absence de cours) motive également les parents. “L’externalisation du soutien scolaire existe depuis longtemps, mais ces dernières années, on sent qu’elle répond à une inquiétude des parents due aux lacunes accumulées pendant la crise sanitaire et à la pénurie d’enseignants. Les difficultés s’accumulent, tout comme les cours non dispensés”, constate la Fapeo, qui souligne les conséquences sur l’inéquité entre les élèves. L’Ufapec (Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique) tient le même discours alarmiste. “De nombreux parents se plaignent de l’externalisation du soutien scolaire. Dès le premier bulletin de l’année, l’enseignant recommande des cours particuliers”, rapporte le secrétaire général Bernard Hubien.

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Une alternative moins coûteuse est le soutien scolaire en petit groupe. Avec les 7 €/heure demandés à Échec à l’échec, la différence est significative.

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