Le Sénat Américain Adopte de Lourdes Sanctions Contre la Russie

Le Sénat américain a adopté vendredi un projet de loi majeur prévoyant de lourdes sanctions contre le secteur des hydrocarbures russes et l’Iran. Le texte, doté de droits de douane de 500 % et baptisé en hommage au sénateur Lindsey Graham, doit maintenant être examiné par la Chambre des représentants en septembre.

Un vote massif au Sénat et un parcours législatif suspendu à la rentrée

Les élus républicains et démocrates ont ainsi validé un ensemble de mesures restrictives, même si le calendrier parlementaire impose une pause. Le texte a été transmis à la Chambre des représentants, où aucun vote ne se tiendra avant le mois de septembre en raison des vacances estivales des parlementaires.

La législation porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet, qui avait âprement milité pour ces restrictions sur l’énergie avant sa disparition. Sa sœur, Darline Graham, qui a pris sa place au Sénat, a défendu le projet dans l’hémicycle avant le vote en affirmant qu’il servira à honorer son frère tout en frappant directement les intérêts de Moscou.

Des droits de douane de 500 % et une offensive inédite contre la flotte fantôme

Le projet de loi cible de manière frontale l’appareil énergétique de Moscou. Le texte prévoit d’imposer des droits de douane de 500 % sur les importations en provenance de Russie, visant le gaz et le pétrole. De plus, des surtaxes de 100 % sont programmées pour les cinq principaux pays acheteurs de ces hydrocarbures russes.

ASV Senāts pieņem vērienīgu likumprojektu par sankcijām pret Krieviju | AFP

Pour la première fois, Washington vise également la flotte fantôme de la Russie, constituée de ces navires utilisés par le Kremlin pour contourner les embargos occidentaux mis en place depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Des sanctions directes contre le président russe Vladimir Poutine ainsi que d’autres hauts responsables s’ajoutent à ce dispositif.

L’élu a souligné que ces mesures auraient un impact décisif en coupant les flux financiers alimentant l’effort de guerre russe. La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a abondé dans le même sens, estimant que Vladimir Poutine ne réagit qu’à la force et à la pression.

Tensions géopolitiques et répercussions sur les relations avec la Chine et l’Inde

Les dispositions du texte obligent les principaux partenaires économiques de Moscou à arbitrer entre leurs liens avec les marchés occidentaux et leurs achats d’énergie russe à bas coût. Cette orientation menace de tendre davantage les relations commerciales des États-Unis avec la Chine et l’Inde, qui se trouvent parmi les principaux importateurs de jēlnafta russe.

Côté américain, des réserves ont été émises par certains élus démocrates, notamment le sénateur Raphael Warnock, au sujet des pouvoirs accrus conférés au président en matière tarifaire. Des garanties ont toutefois été apportées pour encadrer ces dispositions douanières. En parallèle, la législation prolonge l’Iran Sanctions Act de 1996 jusqu’en 2031 pour éviter une interruption des sanctions visant l’énergie et l’armement iraniens.

La réaction de Moscou face aux risques énergétiques

À Moscou, la réponse ne s’est pas fait attendre. Fin juillet, l’ambassade de Russie aux États-Unis a vivement critiqué la démarche législative. Dans un communiqué officiel, les services diplomatiques russes ont estimé que le projet rendait un mauvais service aux États-Unis.

Moscou a mis en garde contre les risques d’une crise énergétique imminente et d’une augmentation des prix à la pompe à l’approche des élections de mi-mandat, qualifiant ces sanctions d’extrêmement contre-productives pour l’économie américaine elle-même. La suite de ce dossier législatif dépendra désormais des arbitrages de la Chambre des représentants lors de sa rentrée de septembre.

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