Le Japon lance la mission MMX pour explorer les lunes de Mars

Le Japon a lancé la mission d’exploration des lunes martiennes à bord d’une fusée H3 depuis le centre spatial de Tanegashima, le 19 octobre 2026. Le vaisseau spatial fait route vers la planète rouge pour étudier Phobos et Déimos, avec pour projets de se poser sur Phobos et de ramener des échantillons sur Terre d’ici 2031.

La fusée H3 a quitté le pas de tir numéro 2 du complexe de Yoshinobu au centre spatial de Tanegashima, dans le sud du Japon, le 19 octobre 2026 à 15 h 41 (heure de l’Est), soit le 20 octobre à 4 h 41 heure locale selon les informations relayées par Space.com. L’agence spatiale japonaise a donné le coup d’envoi de cette expédition inédite vers le système martien. Une heure après le départ, la séparation d’avec l’étage supérieur de la fusée a confirmé le succès de la mise en orbite initiale, provoquant des scènes de joie parmi les contrôleurs de vol.

La mission, baptisée Martian Moons eXploration (MMX), vise à parcourir plus de 500 millions de kilomètres pour atteindre le voisinage de Mars en août 2027 d’après les précisions de l’Asia News Network. L’appareil de cinq tonnes fonctionnera sous l’égide de la JAXA, l’agence spatiale japonaise, avec le concours de plusieurs partenaires internationaux majeurs.

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Cinq agences partagent le budget et l’effort technique

Le coût total de l’entreprise s’élève à 578 millions de dollars selon les données rapportées par Euronews. L’effort budgétaire et technique mobilise plusieurs nations. Le Japon mène ce projet d’envergure.

Les contributions des agences partenaires se répartissent de la manière suivante dans le budget global :

Japan's mission to Mars moons launches | 7NEWS
  • La NASA apporte 87 millions de dollars (77 millions d’euros) et financera les chercheurs américains ainsi que les experts en astromatériaux.
  • L’Agence spatiale française (CNES) participe à hauteur d’environ 68 millions de dollars (60 millions d’euros).
  • Le Centre aérospatial allemand (DLR) contribue à hauteur de 56 millions de dollars (49 millions d’euros).
  • L’Agence spatiale européenne (ESA) engage environ 17 millions de dollars (15 millions d’euros).

En contrepartie de son investissement financier, la NASA recevra au moins 15 pour cent des dix grammes de matériaux prélevés sur Phobos d’après les précisions de Space. L’Australie interviendra également dans la phase finale du retour sur Terre.

La sonde tente deux atterrissages périlleux sur Phobos

Phobos mesure environ 22 à 26 kilomètres de long, tandis que Déimos atteint seulement 12 à 16 kilomètres. Ce sont des corps rocheux de forme irrégulière, comparables à des pommes de terre. Phobos et Déimos ne ressemblent guère à la Lune terrestre. En raison de la très faible gravité de Phobos, se maintenir en orbite stable autour du satellite s’avère impossible pour une sonde. MMX adoptera donc une trajectoire de quasi-satellite, orbitant autour de Mars aux côtés de la lune sans lui être gravitationnellement liée rappelle Live Science.

JAXA Mars Moons Exploration mission launch
Photo : Space

Pour surmonter cette difficulté, le module d’atterrissage emportera un petit rover nommé Idefix, développé conjointement par la France et l’Allemagne. Ensuite, la sonde principale effectuera deux tentatives d’atterrissage direct sur Phobos. Un dispositif de forage pénétrera à deux centimètres de profondeur, tandis qu’un second système soufflera du gaz sous pression pour aspirer la poussière et les roches.

L’analyse des échantillons doit trancher sur l’origine des lunes

La première suggère qu’il s’agit d’astéroïdes capturés par la gravité de la planète rouge, tandis que la seconde évoque un impact géant entre Mars et un autre corps céleste, dont les débris se seraient agglomérés en orbite explique l’Asia News Network. La communauté scientifique hésite principalement entre ces deux hypothèses pour expliquer la formation de Phobos et de Déimos. L’analyse chimique des échantillons en laboratoire permettra de trancher, les compositions minérales attendues différant radicalement selon le scénario.

Par ailleurs, les scientifiques espèrent que les échantillons de sable prélevés sur Phobos renfermeront de infimes quantités de poussière martienne éjectée au fil des millénaires par des impacts d’astéroïdes sur la planète voisine.

Le voyage de retour s’achève en Australie en 2031

La sonde quittera le voisinage martien en novembre 2030 après les opérations sur Phobos et une série de survols d’observation consacrés à Déimos, précise Space. Le voyage de retour vers la Terre s’achèvera en juillet 2031 par le largage d’une capsule de re-entrée atmosphérique.

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