NASA a sélectionné le 30 septembre l’Institut de science planétaire pour diriger la mission GIMLI au puits des collines de Marius, déployant un atterrisseur et des instruments sismiques afin de déterminer si un grand tube de lave souterrain existe comme abri contre les radiations pour les futurs astronautes.
Amanda Hendrix, directrice et PDG du PSI, a déclaré que GIMLI représente le type de science planétaire ambitieuse que l’institut a été fondé à poursuivre. La sélection, annoncée le 30 septembre, a retenu une proposition portée par le Planetary Science Institute (PSI) afin de déterminer si un puits volcanique abrite une vaste cavité souterraine sur la Lune. Baptisée GIMLI — pour Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation —, cette mission vise à explorer le puits des collines de Marius, connu sous le nom de Marius Hill Pit. L’agence spatiale américaine prépare une exploration inédite de la Lune.

Pour les planétologues, la question centrale n’est plus de savoir si le site présente une faille visible, mais d’établir si cette structure creuse s’étend au-delà de la paroi verticale pour offrir un refuge sûr aux futurs explorateurs.
L’arsenal technologique déployé par Honeybee Robotics et le PSI
Than Putzig, directeur associé et chercheur senior au PSI, dirige le projet en partenariat avec Honeybee Robotics — une filiale de Blue Origin — qui fabrique les éléments clés du système sismique à source active, du gravimètre et du package de caméras tout en soutenant l’intégration et les opérations lunaires aux côtés du PSI. La mission s’appuie sur une collaboration étroite entre plusieurs institutions internationales.
- Un radar à pénétration de sol pour détecter les discontinuités et les vides par réflexion d’ondes électromagnétiques.
- Un système sismique à source active, conçu pour analyser la propagation de vibrations artificielles dans la roche.
- Un gravimètre, instrument employé pour mesurer l’accélération de la pesanteur afin de trahir la présence d’une masse manquante.
Than Putzig a souligné l’originalité de cette approche sur le sol lunaire, rappelant qu’il est depuis longtemps un souhait de réintroduire des méthodes sismiques actives intentionnelles dans la science planétaire, car cela n’a pratiquement pas été fait depuis que les astronautes d’Apollo ont mené les premiers relevés sismiques sur la Lune
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Protéger la base lunaire des dangers de la surface
La sélection de GIMLI s’inscrit dans un volet plus large du programme PRISM (Payloads and Research Investigations on the Surface of the Moon) de la NASA, à travers lequel l’agence souhaite envoyer des équipements de recherche à la surface de la Lune afin d’aider à poser les bases d’une présence humaine durable dans le cadre des programmes Artemis et Moon Base.

Ces sélections PRISM aideront directement la NASA à minimiser les risques pour nos astronautes tout en maximisant les objectifs de notre agence alors que nous installons le premier avant-poste lunaire de l’humanité en préparation de l’envoi des premiers astronautes vers Mars.
NASA
La température lunaire peut chauffer jusqu’à environ 250 degrés Fahrenheit pendant la journée et se refroidir à moins 208 degrés Fahrenheit la nuit, tout en exposant les explorateurs au rayonnement cosmique, aux micrométéorites et aux variations extrêmes. L’urgence de trouver des abris naturels découle de la rudesse des conditions climatiques et radiatives en surface. En comparaison, des structures caverneuses protégées de ce type pourraient offrir un refuge naturel prêt à l’emploi pour abriter les équipements et les personnes sans avoir à en construire un à partir de zéro.
Les parois volcaniques révèlent l'histoire géologique de la Lune
Les parois abruptes du cratère exposent des couches de régolithe et des coulées de lave qui demeurent habituellement dissimulées sous terre. Même si les instruments ne détectaient aucun tube de lave substantiel sous le site de Marius Hill Pit, les responsables de la mission estiment que les résultats et les données obtenus ne rendraient pas la mission scientifiquement vide, car cela aiderait à répondre à une question majeure sur l’origine du puits et l’histoire géologique et volcanique de la région environnante.
Confirmer un tube de lave substantiel nous donnerait un aperçu de la manière dont le volcanisme a opéré sur la Lune.
Gareth Morgan, chercheur senior au PSI et responsable adjoint du programme GIMLI
Les scientifiques rappellent que l’existence d’une immense galerie souterraine à cet endroit précis doit encore être confirmée formellement sur le terrain, les indices actuels reposant notamment sur des observations de données radar de la sonde Kaguya en 2017 et des études publiées par la suite.
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