À l’ouverture du sommet Mining in Motion 2026 à Accra le 19 octobre, le président ghanéen John Dramani Mahama a fixé la date limite de 2030 pour interdire l’exportation de minerais bruts, sommant les partenaires du continent de financer les infrastructures énergétiques et de raffinage sur place.
Le Ghana interdit l’exportation de minerais bruts d’ici 2030
La pression monte pour que le continent cesse d’exporter ses richesses à l’état brut. À l’ouverture du sommet Mining in Motion Summit à Accra le 19 octobre 2026, le président ghanéen John Dramani Mahama a affiché une position ferme face aux industriels.
John Dramani Mahama a déclaré selon Business Insider Africa : « J’ai fixé un objectif clair : d’ici 2030, les minerais bruts ne devront plus quitter nos côtes. Notre alumine, notre manganèse, notre fer, notre lithium et nos autres minéraux doivent soutenir la transformation et le développement industriel ici chez nous. »
Le pays, qui a vu ses recettes d’exportation d’or grimper de 10,31 milliards de dollars en 2024 à 20,98 milliards de dollars en 2025, cherche à capter une plus grande part de cette manne grâce à des réformes globales.
L’objectif est d’attirer des partenaires pour bâtir enfin une raffinerie d’alumine, le maillon manquant de la chaîne locale d’aluminium, tout en éliminant progressivement la dépendance aux marchés extérieurs pour les métaux de base.
La Guinée conditionne l’accès à sa bauxite à la transformation locale
La Guinée cherche à encadrer ses flux de bauxite et à accélérer la construction d’usines de boulettes de minerai de fer.

Daouda Diakite, conseiller principal auprès du ministère des Mines guinéen, a rappelé que les investisseurs désireux d’exploiter la bauxite locale devront s’engager dans des projets de fonderies ou d’infrastructures ferroviaires, bénéficiant en retour de droits miniers et d’allègements fiscaux.
L’Afrique du Sud met en garde contre la flambée des tarifs électriques
Transformer les minerais sur place exige une ressource rare et coûteuse : une électricité abondante et bon marché.
La Guinée estime ses besoins énergétiques entre 5 000 MW et 10 000 MW pour alimenter son industrialisation, en particulier ses usines d’aluminium.
Daouda Diakite a souligné que « le principal problème concerne les infrastructures et l’énergie, et surtout l’énergie », évoquant des solutions allant du gaz au nucléaire.
L’effondrement de la filière de transformation du ferrochrome en Afrique du Sud sert de leçon continentale. Mzila Mthenjane, directeur général du Minerals Council South Africa, a rappelé que la hausse brutale des tarifs électriques — multipliés par dix depuis 2008 — a poussé la majorité des fours sud-africains à fermer leurs portes, laissant le champ libre à la Chine.
Mzila Mthenjane a déclaré selon The Citizen : « La première leçon à retenir est l’importance cruciale de la fiabilité et de l’accessibilité financière de l’approvisionnement en énergie pour l’industrialisation. »
La Tanzanie finance l’exploration minière sur fonds propres
Anthony Mavunde, ministre des Minerais tanzanien, a indiqué que son gouvernement alloue 10 % des revenus miniers à des levés géologiques détaillés, l’exploration ne couvrant actuellement que 16 % du territoire, pour financer cette transformation sans dépendre uniquement des flux extérieurs.
Les ministres présents à Accra ont insisté sur la nécessité de mutualiser les efforts à l’échelle du continent.
L’Afrique détient environ 32 % des ressources minérales critiques mondiales.
Frank Blackmore, économiste en chef chez KPMG South Africa, a rappelé que la réussite de cette transition dépend aussi de la mise en place de politiques régionales prévisibles et d’infrastructures partagées, permettant à chaque pays de se spécialiser au sein d’une chaîne de valeur intégrée plutôt que de s’isoler.
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