L’Assemblée nationale rejette le projet de LFR 2026

L’Assemblée nationale sénégalaise, dominée par le parti PASTEF, a rejeté le 3 novembre 2026 le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. La décision est tombée après l’adoption d’une question préalable déposée par le député Amadou Ba : 109 voix pour, 20 contre et 3 abstentions sur 132 votants.

La LFR est un texte budgétaire modificatif de la loi de finances initiale. Cette fois, le rejet n’est pas intervenu après un débat sur le fond : en vertu de l’article 83 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, l’adoption d’une question préalable vaut décision qu’« il n’y a pas lieu à délibérer » et entraîne le rejet du texte sans examen de ses dispositions, comme le rappelle cette procédure parlementaire.

Les griefs d’Amadou Ba et la réponse de Cheikh Diba

Dans sa motion, le député du groupe majoritaire met en cause la sincérité des prévisions budgétaires et estime que la LFR 2026 ne fournit pas au Parlement des éléments nécessaires pour évaluer les recettes et les dépenses prévues. Il a en outre critiqué le refus du gouvernement de communiquer plusieurs documents concernant les investissements publics et la dette publique, dossier objet de divergences profondes entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, selon Enjeux.

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Le même 3 novembre 2026, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a rejeté ces critiques, estimant que la question de la sincérité budgétaire servait de prétexte pour s’opposer au texte.

Ce rejet en séance plénière n’était pas le premier. Le projet avait déjà été rejeté à deux reprises par la Commission des finances et du contrôle budgétaire. Le 27 octobre 2026, il avait été renvoyé en commission à la demande du gouvernement pour des discussions complémentaires, avant d’y être de nouveau rejeté le 30 octobre, selon le récit d’Enjeux.

Kiiraay/Diourbel : « il faut arrêter Ousmane Sonko »

Dès le 1er novembre 2026, après le rejet en commission, la Coordination départementale de Kiiraay de Diourbel tenait un point de presse pour dénoncer l’attitude de la majorité parlementaire. Ses responsables ont invité les deux députés élus du département, Alioune Sène et Coumba Ndiaye, à voter le texte, et le maire de Patar, Adiou Sène, a placé les élus face à leurs responsabilités devant l’histoire. Le Dr Ameth Niang a évoqué la suspension du redoublement des bourses, l’attente des entreprises et le complément de rémunération des soignants, d’après Seneweb.

Les propos les plus virulents sont venus du directeur du CROUS de l’université Alioune Diop de Bambey, Baye Mayoro Diop, qui accuse la majorité de PASTEF d’avoir décidé de confisquer le pouvoir populaire. Estimant que le Parlement n’est plus légitime, il a dit voter pour sa dissolution et a lancé : Il faut arrêter Ousmane Sonko et le rendre inéligible à vie. C’est l’objectif. Il a ajouté : Cet homme est un déstabilisateur et il faut l’arrêter.

L'Assemblée nationale rejette le projet de LFR 2026
Photo : seneweb.com

Ndawi Kiiraay réclame l’article 86, alinéa 6 de la Constitution

La coalition nationale Ndawi Kiiraay est montée au créneau à son tour le samedi 7 novembre 2026, lors d’une conférence de presse au siège du parti Kiiraay, sur la VDN. Son secrétaire général, Bocar Faye, a directement ciblé le président de l’Assemblée nationale : Le rejet de la LFR est fait au desiderata d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale. Tous les blocages sont issus du non-vouloir de la majorité parlementaire.

Selon Lactuacho, Bocar Faye a martelé : En bloquant cette loi, Ousmane Sonko dit non aux bourses de sécurité familiale, non aux rappels dus aux enseignants. Ousmane Sonko plonge beaucoup de familles dans le noir. La coalition appelle le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye à mettre en œuvre l’article 86, alinéa 6, de la Constitution, un levier institutionnel invoqué pour dépasser l’impasse née du rejet de la LFR.

Salaires, bourses, eau à Touba : les dépenses mises en avant

Selon les responsables de Kiiraay/Diourbel cités par Seneweb, un rejet compromettrait de nombreux engagements : les bourses sociales, l’approvisionnement en eau à Touba et le paiement des salaires. Baye Mayoro Diop a élargi la liste en affirmant que salaires, factures des hôpitaux, transport, éducation et bourses de sécurité familiale dépendent du vote de la loi, et il a accusé une centaine de députés de s’être offert des véhicules 4×4 coûtant 55 millions F CFA chacun. De son côté, Ndawi Kiiraay met en avant les conséquences pour les bénéficiaires des bourses de sécurité familiale et les enseignants en attente de rappels financiers, dans un contexte macroéconomique marqué par la dette publique, la baisse des recettes et le ralentissement de la croissance.

Interrogé sur l’absence de réaction immédiate de l’Exécutif, Bocar Faye a indiqué espérer que le gouvernement prépare une réponse conforme aux voies légales et engage les démarches nécessaires autour de la LFR dans une approche qu’il qualifie d’objective, plaçant ainsi l’exécutif devant ses responsabilités.

La jeunesse de kiiraay tire sur ousmane sonko et l'assemblée nationale et la LFR

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