Les deux contrats de référence mondiaux ont enregistré de lourdes pertes, le brut Brent reculant de près de 8 % en une seule séance avant de regagner une partie de son terrain face aux hostilités persistantes dans le Golfe.
Le basculement politique à Washington et la baisse des cours
Le recul des cours s’explique principalement par les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, où le Parti démocrate a ravi le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat aux républicains. Les marchés évaluent dès lors une baisse potentielle de la prime de risque géopolitique qui avait soutenu les prix au cours des mois précédents.
Toutefois, la transition institutionnelle ne sera effective qu’en janvier prochain, ce qui limite la portée immédiate du Congrès sur les décisions de l’exécutif. Les législateurs démocrates préparent des textes sur les pouvoirs de guerre pour contraindre la Maison-Blanche à clore les hostilités, bien que les analystes rappellent que les capacités de blocage demeurent encadrées à court terme. Selon les informations recueillies, l’administration américaine a vu sa marge de manœuvre évoluer après ce scrutin marquant.

L’offre mondiale et la divergence des projections de stocks
Au-delà de la dynamique politique, l’offre physique a retrouvé des couleurs. Almashhad rapporte que JPMorgan a estimé l’excédent mondial à un certain niveau en septembre, avant qu’il ne grimpe en octobre.
Persistance des tensions maritimes et rebond des cours
Malgré la correction hebdomadaire, la réalité opérationnelle sur les voies navigables maintient un climat d’incertitude élevé. Des incidents répétés ont touché des navires marchands, notamment avec la mise hors service par le Commandement central américain d’un navire battant un pavillon tiers après qu’il a ignoré des avertissements, tandis que des explosions ont été signalées dans le détroit d’Hormuz et à Bandar Jask.

Face à ces risques persistants, les cours ont amorcé un rebond technique en fin de semaine, le brut léger américain s’établissant près de 90 dollars et le Brent frôlant 97 dollars le baril. Helima Croft, responsable de la stratégie mondiale des matières premières chez RBC Capital Markets, met en garde contre le décalage entre l’optimisme financier et les signaux concrets d’escalade sur le terrain. Dans la même ligne, Bob McNally, président de Rapidan Energy et ancien conseiller en énergie pour George H.W. Bush, prévient que les prix pourraient repasser au-dessus de 100 dollars en cas de reprise des hostilités.
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