Le canton du Valais refuse d’octroyer l’aide d’urgence de 60 000 francs à au moins sept rescapés de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, au motif que leurs blessures physiques n’ont pas été jugées suffisamment graves pour justifier une hospitalisation d’une nuit, selon Nice-Matin.
Près de dix mois après le drame du 1er janvier qui a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés, la gestion des indemnisations par les autorités valaisannes fait réagir. Comme l’ont révélé la Tribune de Genève et 24 heures, au moins sept survivants ayant échappé de justesse aux flammes se voient refuser l’enveloppe de 60 000 francs promise conjointement par le canton et la Confédération. Ce fonds d’urgence se compose de 10 000 francs versés par le Valais et d’une contribution de solidarité de 50 000 francs de l’État fédéral, selon les informations rapportées par Paris Match.
Le Conseil d’État défend des critères stricts
Invité à s’expliquer sur le plateau de la RTS, le conseiller d’État Mathias Reynard, en charge de la santé et des affaires sociales, a détaillé les conditions d’attribution de ce dispositif, selon Watson. L’aide d’urgence repose sur des critères d’atteinte physique stricte.

« Il y a deux cas de figure: les proches des personnes décédées qui ont perdu un enfant et les personnes qui ont été hospitalisées au moins une nuit dans le cadre du drame
», a indiqué l’élu valaisan, précisant que certains jeunes se trouvent encore hospitalisés aujourd’hui, y compris en soins aigus
.
Face à la détresse de rescapés exclus de ce dispositif, le conseiller d’État soutient que il ne s’agit pas de nier la qualité de victimes
des personnes concernées. Le canton met en avant une nécessité de gradation face à l’ampleur des demandes. « Si nous prenions en compte [les atteintes psychologiques], nous nous retrouverions face à des centaines et des centaines de personnes
», a affirmé Mathias Reynard à la RTS, ajoutant que Ces personnes-là ont besoin d’une aide plus forte et immédiate
. Près de 130 personnes ont bénéficié de ce soutien financier jusqu’à présent.
Le choc des traumatismes psychologiques
Cette exclusion provoque l’incompréhension des victimes et de leurs conseils juridiques. L’avocat genevois Robert Assaël, qui défend l’une des personnes dont la demande a été rejetée, a qualifié cette décision de choquante sur les antennes de la RTS. Il dénonce un critère arbitraire lié à la nuit d’hospitalisation, soulignant que certaines victimes ont refusé des lits d’hôpital pour ne pas pénaliser des blessés plus graves lors de la saturation des services d’urgence.
Parmi les cas refusés figure notamment Camille Catillo, qui a perdu sa meilleure amie Cyane dans l’incendie et souffre d’un traumatisme important malgré une brûlure superficielle à la main, ainsi que Florent, qui ne peut plus sortir le soir et présente des symptômes de stress post-traumatique selon les détails relayés par 20 Minuten.
Si le département cantonal rappelle que d’autres canaux existent, notamment la loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI) ou la Fondation Beloved pour couvrir les frais psychologiques et d’avocat, l’accès à l’indemnisation directe reste bloqué pour ces rescapés.
L’enquête pénale sous tension
Pendant que le débat sur l’aide d’urgence se durcit, la procédure judiciaire suit son cours. L’audition de Jessica Moretti, copropriétaire de l’établissement avec son époux Jacques Moretti, a dû être reportée pour des raisons de santé. Ses avocats ont transmis un certificat médical attestant d’un état de fragilité psychique particulièrement important et recommandant d’éviter une confrontation directe avec son conjoint. Jacques Moretti, placé en détention provisoire mi-août pour des violences conjugales présumées après avoir déjà purgé quatorze jours en janvier dans le dossier de l’incendie, a comparu seul devant les procureurs valaisans.
Sur le plan institutionnel, la gestion de la municipalité fait l’objet de nouvelles offensives judiciaires. L’avocat Sébastien Fanti a déposé une plainte le 19 octobre auprès du Conseil d’État valaisan pour réclamer une régie partielle et un contrôle des finances de la commune de Crans-Montana, mettant en doute sa capacité à assumer les conséquences budgétaires du drame, d’après les informations de La Radio Plus. Le président de la commune Nicolas Féraud reste en fonction malgré sa mise en cause parmi les 17 personnes poursuivies pour homicide, lésions corporelles et incendie par négligence.
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