La Turquie développe un système de navigation local pour réduire sa dépendance aux applications étrangères, tandis que des restrictions sont mises en place sur les véhicules électriques étrangers dans les secteurs de la défense. Le projet, annoncé en 2026, vise à créer une infrastructure de données géographiques nationale d’ici 2027.
Un projet de navigation local pour renforcer l’autonomie technologique
La Turquie lance un projet ambitieux pour développer une application de navigation locale, visant à réduire sa dépendance aux services étrangers comme Google Maps ou Waze. Ce projet, initié par le ministère de l’Industrie et des Technologies, est mené en collaboration avec Bilişim Vadisi et Başarsoft. L’objectif est de créer une infrastructure de données géographiques nationale, capable de soutenir non seulement les applications mobiles, mais aussi les systèmes d’automobiles, de logistique, de villes intelligentes et de véhicules autonomes.
« Bakanlık olarak harita et navigasyon uygulaması geliştirme projeleriyle Türkiye’nin milli kapasitesini tahkim etmeyi amaçlıyoruz », a déclaré le ministre Mehmet Fatih Kacır lors d’une interview. L’application, qui utilisera l’intelligence artificielle et les grands ensembles de données, permettra de calculer des itinéraires en fonction de la densité du trafic, des conditions de route et des restrictions de circulation. Elle sera gratuite pour les particuliers, tandis que les entreprises pourront accéder à des services payants pour la logistique et la planification urbaine.

Le projet prévoit une mise en œuvre progressive, avec des résultats attendus dès le début de l’année 2027. Le gouvernement espère ainsi économiser des millions de dollars en maintenant ces données au sein du pays et en renforçant la sécurité des informations.
Sécurité des véhicules électriques étrangers dans les secteurs de la défense
En parallèle, des restrictions ont été mises en place concernant l’entrée des véhicules électriques étrangers dans les installations de défense. ASELSAN, ROKETSAN, HAVELSAN et TEI ont interdit l’accès de ces véhicules à leurs sites, en raison des risques de sécurité liés aux capteurs et aux caméras intégrés. « Ces véhicules peuvent collecter des données sensibles sur l’environnement, ce qui constitue un risque pour la sécurité nationale », a expliqué Mahmut Faruk Akşit, directeur de TEI.
« Les véhicules électriques étrangers sont des systèmes informatiques à roues, capables de collecter et de transmettre des données critiques.
Le gouvernement turc a également souligné l’importance de la souveraineté numérique. « La maîtrise des données géographiques est cruciale pour la sécurité nationale et l’indépendance technologique », a affirmé le ministre Kacır. Le projet de navigation locale vise à garantir que les informations sur les routes et les infrastructures restent sous contrôle national, réduisant ainsi les risques de fuites de données.

Le rôle de Togg dans le développement technologique local
Togg, le constructeur automobile turc, joue un rôle clé dans ce projet. Son système d’exploitation TruOS, développé par ses ingénieurs, sera intégré au système de navigation. « L’objectif est de créer une écosystème technologique indépendant, qui ne dépend pas des solutions étrangères », a déclaré Akşit. Togg participe également à la mise en œuvre de l’infrastructure de données géographiques, en collaborant avec Bilişim Vadisi et Başarsoft.
Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie technologique du pays. « La Turquie a besoin de solutions locales pour ses besoins en logistique, en transport et en sécurité.
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