Pour la première fois, les observations d’éruptions solaires capturées par la mission indienne Aditya-L1 et le satellite européen Proba-3 ont été analysées conjointement par des chercheurs. Cette collaboration inédite, publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics, permet de mesurer avec précision la masse, la densité et l’énergie de ces phénomènes au plus près de l’astre.
La recherche, menée sous la direction de l’Indian Institute of Astrophysics à Bengaluru, combine les données de deux instruments complémentaires pour décoder les éjections de masse coronale.
Ces tempêtes solaires projettent de vastes quantités de plasma magnétisé.
Elles menacent directement les satellites et les infrastructures technologiques terrestres en cas de trajectoire directe vers notre planète.
L’alliance entre Aditya-L1 et Proba-3
L’observation des éjections de masse coronale à proximité immédiate du disque solaire s’est révélée complexe par le passé.

Les coronographes spatiaux ne parvenaient qu’en partie à suivre.
Ils suivaient le développement initial des éruptions faibles.
Ils laissaient de côté la façon dont l’énergie se répartit entre mouvement, chaleur et champs magnétiques dans la couronne interne.
Pour combler cette lacune, les équipes scientifiques ont croisé les relevés de deux dispositifs aux méthodes distinctes. D’un côté, le télescope spatial Aditya-L1, la première mission solaire dédiée de l’Inde lancée le 2 septembre 2023, s’est installé le 6 janvier 2024 sur une orbite de halo autour du point de Lagrange L1 entre le Soleil et la Terre.
Son instrument VELC, conçu en étroite collaboration avec l’agence spatiale indienne, réalise des observations spectroscopiques de la couronne entre 1,05 et 1,5 rayon solaire.
De l’autre, la mission Proba-3 de l’Agence spatiale européenne, envoyée le 5 décembre 2024 par un lanceur PSLV-XL depuis Sriharikota, inaugure le vol en formation de précision en orbite. Deux satellites distants de 150 mètres créent une éclipse artificielle en plein espace.
Cela autorise le coronographe ASPIICS à imager la couronne de 1,1 à 3 rayons solaires en lumière blanche et en raie d’émission verte.

L’analyse des éruptions du 14 et du 16 septembre 2025
Entre juillet et décembre 2025, les deux engins ont simultanément enregistré deux événements majeurs, fournissant un terrain d’étude idéal. L’instrument VELC a saisi les sursauts dès leurs premiers instants, tandis que l’imagerie d’ASPIICS offrait une vue d’ensemble de leur morphologie.
| Date de l’éruption | Vitesse de déplacement | Comportement thermique et dynamique |
|---|---|---|
| 14 septembre 2025 | Environ 645 kilomètres par seconde | Éruption rapide, l’énergie thermique représentant environ 1 % du total avec un champ magnétique très fort. |
| 16 septembre 2025 | Environ 145 kilomètres par seconde | Éruption lente, une densité chutant plus fortement avec la hauteur et une énergie thermique rejoignant la cinétique. |
Ces profils contrastés ont permis de tester les modèles théoriques de l’évolution des tempêtes solaires. Selon les chercheurs de l’Indian Institute of Astrophysics, la conjonction des techniques d’imagerie et de spectroscopie renforce la fiabilité des bilans énergétiques.
Comme l’ont souligné des scientifiques de l’Indian Institute of Astrophysics, « l’association d’Aditya-L1/VELC et de Proba-3/ASPIICS offre le potentiel d’une meilleure compréhension de ce phénomène ».
Les enseignements sur la couronne interne
L’utilisation simultanée des deux points d’observation résout des incertitudes concernant la répartition de l’énergie dans les couches basses de l’atmosphère solaire. Les estimations de la masse et de l’énergie thermique obtenues indépendamment par le coronographe d’Aditya-L1 et celui de Proba-3 affichent une concordance notable, ce qui valide la méthode croisée.
Cette convergence des mesures offre aux astrophysiciens de nouvelles contraintes physiques pour modéliser l’expansion des plasma éjectés. Leurs travaux, consignés dans la littérature scientifique, soulignent l’efficacité des campagnes d’observation coordonnées entre agences spatiales internationales pour anticiper les perturbations de l’environnement spatial terriens.
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