Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a présenté ses priorités économiques et politiques lors d’un conseil des ministres, fixant le cap vers 2030 et affirmant la fermeté d’Athènes face à Ankara. Le chef du gouvernement a également dressé le bilan du plan de relance européen à l’approche de son terme.
Réuni au Palais Maximos, le conseil des ministres présidé par Kyriakos Mitsotakis a permis de préciser la stratégie gouvernementale à l’approche de la prochaine Foire internationale de Thessalonique. L’exécutif entend y dévoiler les grands axes de sa politique économique pour l’année à venir, tout en amorçant la présentation d’un plan stratégique à l’horizon de la fin de la décennie.
Le cap de 2030 et les perspectives économiques présentées pour la rentrée
Le cap fixé à l’horizon 2030 revêt une dimension particulière pour l’État hellénique, puisqu’il coïncidera avec le bicentenaire de la fondation de l’État moderne. Selon les déclarations formulées en conseil, l’objectif est de présenter une nation renforcée sur le plan productif et mieux armée face aux instabilités internationales.
Sur le front de la vie quotidienne, la question de la cherté de la vie demeure la préoccupation majeure des ménages. À compter du 1er septembre, l’entrée en vigueur de l’Accord national de réduction des prix s’accompagnera d’initiatives commerciales ciblées sur les articles scolaires, à l’aube de la rentrée des classes.
Bilan de l’utilisation des fonds européens et accélération du désendettement
L’exécutif a également acté l’achèvement des procédures liées au Fonds de relance européen au 31 août. En juillet 2020, le pays avait obtenu une enveloppe globale de 36 δισ. ευρώ en prêts et subventions, constituant l’un des volumes d’aide les plus importants de l’Union européenne en proportion du produit intérieur brut.

Parmi les réalisations associées à ces décaissements figurent la numérisation des services publics, l’achèvement du cadastre, la modernisation du secteur énergétique à travers les énergies renouvelables, l’introduction de bus électriques ainsi que le développement du métro de Thessalonique, dont l’extension vers Kalamaria doit être inaugurée dans les prochains jours. Sur les 136 jalons de réformes fixés, seuls deux restent à finaliser.

Abordant la question de la dette publique, le chef du gouvernement a défendu la politique d’amortissement anticipé menée par son administration. Il a souligné que cette trajectoire permet de réduire l’endodettement national à un rythme tel que le pays s’apprête à céder son statut de nation la plus lourdement endettée d’Europe, tout en regrettant les polémiques partisanes au moment où l’État emprunte à des conditions plus avantageuses que des partenaires comme la France ou l’Italie.
Relations bilatérales : les lignes rouges d’Athènes face à Ankara
Sur le plan diplomatique, le dirigeant grec a répondu aux récents remous venus de Turquie consécutifs à l’adoption de cadres spatiaux dédiés au tourisme et aux énergies renouvelables. Les réactions observées à l’est ne modifieront en rien la planification nationale.
Le gouvernement maintient sa doctrine traditionnelle quant au périmètre des discussions bilatérales, circonscrit strictement au droit international. Nous voulons de bonnes relations avec nos voisins. Nous ne discutons cependant de rien d’autre que de la délimitation du plateau continental et de la zone économique exclusive en mer Égée et en Méditerranée orientale, a déclaré le Premier ministre, réaffirmant la disposition de l’appareil de défense à faire valoir les droits souverains du pays en toute circonstance.
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