L’Autorité nationale de régulation dans le domaine de l’énergie (ANRE) a provoqué un conflit majeur après la publication des règlements d’application de la loi du prosumer 2026. L’Association des prosumers et des communautés énergétiques (APCE) accuse le document de 61 pages de diluer les droits acquis par la loi, de favoriser les fournisseurs et de préparer un recours en justice si des modifications ne sont pas apportées.
Publié en consultation publique le 20 août 2026, le projet élaboré par l’ANRE a suscité une réaction forte de l’association représentant les intérêts des producteurs d’énergie de petite taille. La loi n° 160/2026, entrée en vigueur le 26 juillet 2026, était conçue comme un cadre simple pour les Roumains investissant dans des panneaux photovoltaïques. Cependant, le texte législatif d’environ une demi-page a été accompagné d’un énorme paquet réglementaire, selon l’association, qui transforme les droits des prosumers en un labyrinthe de 61 pages de normes que presque aucun prosumer ne peut déchiffrer, selon le communiqué publié par l’Association des prosumers et des communautés énergétiques en Roumanie.
Accusations de mauvaise foi et favoritisme envers les fournisseurs d’énergie
Les critiques portées par la direction de l’APCE visent non seulement le volume du document, mais aussi la direction prise par la réglementation du marché. Selon l’organisation, les règlements actuels mettent en doute la neutralité de l’autorité de régulation, laissant des décisions essentielles à la discrétion des entreprises fournissant de l’électricité.
Dan Pîrșan, président de l’APCE, via Ziare et SpotMedia, a déclaré que ces règlements ne semblent pas rédigés par une autorité de régulation impartiale et que, selon lui, ils dénotent une mauvaise foi du régulateur qui n’est plus un arbitre sur le marché énergétique, mais est devenu un acteur actif du côté des fournisseurs, avec l’impression que les fournisseurs ont rédigé ces règlements et les ont envoyés à l’ANRE pour publication.
Les principaux points de friction concernent les mécanismes financiers. La loi en vigueur prévoit la compensation mensuelle de l’énergie fournie au réseau, la possibilité d’utiliser le surplus pour payer les factures de gaz naturel et la liberté de choisir un mode de compensation. Cependant, le projet de l’ANRE bureaucratise ces processus et permet aux entreprises de fourniture d’influencer les délais de paiement pour l’énergie fournie par les citoyens.
Compensation quantitative mensuelle et report du délai en 2027
L’association indique que les fournisseurs acquièrent le pouvoir de déterminer quand ils effectuent les paiements aux clients, tandis que l’application intégrale de certains mécanismes juridiques a été reportée jusqu’en 2027.

Les représentants de l’APCE, via Stiripesurse, ont souligné que le problème n’était pas une question de détails techniques et qu’une norme d’application émise par une autorité de régulation n’avait pas le droit de modifier la volonté du législateur, en soulignant que c’est exactement ce qui semble s’être produit par l’interprétation de l’ANRE des dispositions légales en faveur des fournisseurs d’énergie, en contradiction avec la lettre et l’esprit de la loi votée par le Parlement roumain et validée par la Cour constitutionnelle.
Enjeu des investissements pour les 370 000 prosumers en Roumanie
La tension actuelle affecte une communauté en croissance rapide.

En dehors de l’intérêt financier individuel, l’association rappelle que ces producteurs locaux contribuent activement à l’équilibre du Système énergétique national (SEN) pendant les périodes de déficit.
Recours administratif et soutien européen
Si les propositions en consultation publique ne subissent pas de modifications majeures avant l’adoption de la forme finale, l’APCE compte agir en justice. L’association a annoncé qu’elle demandera en recours administratif la suspension de l’ordonnance émise par l’ANRE et sollicitera le soutien de la Commission européenne, ainsi que des parlementaires ayant soutenu l’initiative législative.
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