Le pape Léon XIV réunit ce 26 juin 2026 l’ensemble du Collège des cardinaux à Rome pour un second consistoire extraordinaire. Cet événement, qui se déroule sur deux jours, vise à approfondir des thèmes majeurs comme la situation internationale et la mise en œuvre du Synode, tout en renforçant la collégialité au sein de l’Église.
Un instrument de gouvernement sous Léon XIV
Réunis à l’appel du pape Léon XIV, les 241 membres du Sacré Collège sont convoqués au Vatican pour ce consistoire extraordinaire. Selon les informations rapportées par Aleteia, ce rendez-vous s’inscrit dans une volonté de gouvernance collégiale, répondant ainsi au souhait exprimé par les cardinaux après le décès du pape François. Contrairement aux consistoires ordinaires, qui se limitent souvent aux cardinaux présents à Rome, cette instance extraordinaire permet une consultation plus large.

Le droit canonique autorise le pontife à convoquer ces réunions « lorsque des nécessités particulières de l’Église ou l’étude d’affaires de grande importance le conseillent », afin que les cardinaux lui « apportent leur aide ». Pour Léon XIV, cette dynamique est devenue un pilier de son pontificat. Après une première session en janvier 2026, il a déjà annoncé son intention de pérenniser ce format sur une base annuelle à partir de 2027.
Le consistoire, en tant qu’institution, est historiquement le conseil du pape. Si les consistoires ordinaires sont le lieu des actes juridiques — comme la création de nouveaux cardinaux ou la validation de causes de canonisation — le consistoire extraordinaire permet une délibération plus informelle sur des questions doctrinales ou pastorales. La décision de Léon XIV de multiplier ces rencontres souligne une volonté de transformer le Collège en un organe de conseil actif, plutôt qu’en une instance purement cérémonielle ou élective.
Thématiques et méthodologie synodale
Les travaux, qui se tiennent en grande partie dans la salle Paul VI et la nouvelle salle du Synode, suivent une méthodologie rigoureuse. Comme l’indique Vatican News, les participants sont répartis en 20 groupes de travail. Cette organisation comprend neuf groupes de cardinaux électeurs ordinaires et onze groupes composés de cardinaux de la Curie romaine et de cardinaux non-électeurs.
Le programme est dense et s’articule autour de quatre priorités, incluant une réflexion sur la situation internationale, la paix et la remise en question de la « guerre juste ». Les débats s’appuient également sur l’encyclique Magnifica humanitas. À ce sujet, le cardinal Víctor Manuel Fernández introduira une réflexion sur la « culture de la puissance et la civilisation de l’amour », un thème central du pontificat de Léon XIV face aux bouleversements technologiques et sociaux, précise ZENIT.
Cette réflexion sur la « guerre juste » s’inscrit dans un contexte diplomatique mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes. Le Vatican, par le biais de la Secrétairerie d’État, maintient une position de médiation constante dans divers conflits. Le recours à ce consistoire permet au pape de sonder le sentiment des cardinaux venus des cinq continents, apportant ainsi une perspective globale sur les crises que les structures diplomatiques classiques du Saint-Siège ne peuvent parfois pas capter dans leur intégralité.
Une exigence de confidentialité stricte
Pour garantir un climat de sérénité, le Saint-Siège a imposé une consigne de discrétion absolue. Les cardinaux ont été invités à ne pas faire de déclarations à la presse durant le déroulement de l’événement. Selon Tribune Chrétienne, cette mesure vise à « préserver un climat d’échange fraternel » et à permettre un discernement authentique, loin des pressions médiatiques immédiates.

Cette confidentialité est un trait traditionnel des consistoires, souvent comparée par les observateurs ecclésiastiques à la confidentialité requise lors des conclaves. Elle permet aux cardinaux d’exprimer des positions divergentes sans craindre une instrumentalisation politique immédiate. Au sein du Collège, des courants de pensée divers coexistent, certains prônant une accélération des réformes synodales tandis que d’autres, plus prudents, mettent en avant la nécessité de préserver la tradition doctrinale.
Le dialogue entre le pape et les cardinaux reste le moment le plus attendu. Chaque participant pourra intervenir librement avant l’allocution finale du souverain pontife. Ce processus, loin de chercher des décisions spectaculaires immédiates, mise sur le temps long. Comme le note Cath.ch, ces échanges servent avant tout à identifier les fractures qui fragilisent les sociétés et à définir les nouveaux langages nécessaires à l’évangélisation dans un monde en pleine mutation.
L’enjeu final de ces deux jours dépasse la simple gestion interne du Vatican. Il s’agit pour Léon XIV de tester la solidité de son projet de « synodalité permanente ». En incluant les cardinaux non-électeurs — ceux âgés de plus de 80 ans — dans les groupes de travail, le pape cherche à intégrer l’expérience historique des anciens aux défis inédits soulevés par l’intelligence artificielle et la crise des modèles démocratiques occidentaux, des thèmes qui traversent l’encyclique Magnifica humanitas.
Find more reporting in our International section.
