Home NouvellesKleinbergs accuse Latvenergo de préparer une hausse des tarifs de chaleur à Riga

Kleinbergs accuse Latvenergo de préparer une hausse des tarifs de chaleur à Riga

Une accusation qui divise

Le maire de Riga, Viesturs Kleinbergs, a accusé la société d’État Latvenergo de préparer une hausse des tarifs de chaleur pour la capitale lettone, une allégation que l’entreprise et le régulateur national démentent fermement. Alors que les prix de l’énergie ont déjà grimpé de 14 % ce printemps, les habitants de Riga s’interrogent sur les réelles intentions des autorités, entre désinformation politique et réalité économique.

Une accusation qui divise

Dans une interview accordée à TV3 le 5 juin, Viesturs Kleinbergs (parti Progresīvie) a affirmé que Latvenergo prévoyait d’augmenter les tarifs de la chaleur pour Riga, une déclaration qui a immédiatement suscitée des réactions contrastées. Le maire a qualifié cette mesure potentielle de “responsabilité de l’Économie nationale”, suggérant une collusion entre le gouvernement et les opérateurs énergétiques pour influencer les prix.

Pourtant, Latvenergo a immédiatement démenti ces propos. Dans un communiqué diffusé via nra.lv, l’entreprise a souligné qu’elle ne disposait d’aucune information permettant de confirmer une hausse des tarifs pour Riga. “Les tarifs dépendent des fluctuations du prix du gaz naturel sur les marchés mondiaux, un paramètre impossible à prévoir avec précision”, a précisé un porte-parole, ajoutant que les tarifs actuels sont déjà ajustés en fonction des coûts réels. Les données publiées montrent que le tarif TEC-2 est passé de 69,81 EUR/MWh en avril à 79,50 EUR/MWh en mai (+13,9 %), tandis que le tarif TEC-1 a augmenté de 65,87 EUR/MWh à 75,14 EUR/MWh (+14 %), mais ces hausses ne devraient pas se répercuter immédiatement sur les factures des ménages rigiens, car la saison de chauffage est terminée.

Le Sabiedrisko pakalpojumu regulēšanas komisija (SPRK), organe de régulation des services publics, a également pris position. Son directeur du département Énergie, Jānis Negribs, a confirmé à nra.lv qu’aucune proposition de révision tarifaire n’avait été soumise à son évaluation. “Nous n’avons aucune information indiquant que Latvenergo prépare une hausse des tarifs pour Riga”, a-t-il déclaré, tout en rappelant que les tarifs sont révisés mensuellement en fonction des coûts du gaz naturel. Les données disponibles montrent que les tarifs pour juin resteront stables par rapport à mai.

Les mécanismes tarifaires expliqués

Pour comprendre les tensions actuelles, il faut disséquer la structure des tarifs de la chaleur à Riga. Selon les données compilées par Apollo.lv, les coûts se composent de plusieurs éléments :

  • Production : le tarif de base pour la production de chaleur (TEC-1 et TEC-2) a augmenté de 2,8 % en raison de la hausse des coûts du gaz naturel.
  • Transport et distribution : les tarifs ont progressé de 4,7 %, reflétant les coûts logistiques.
  • Commercialisation : une hausse de 2,2 % a été enregistrée.
  • Taxes et composantes imprévues : les taxes ont bondi de 42,5 %, tandis qu’une composante “imprévus” a été ajoutée à 0,92 EUR/MWh.
Ces augmentations pourraient se traduire par une hausse globale des tarifs pour les Rigains à partir d’octobre 2026, mais leur ampleur dépendra des négociations en cours avec Latvenergo et des décisions de la SPRK.

La société Rīgas Siltums, responsable de la distribution de la chaleur à Riga, a précisé dans un entretien avec Dienas Bizness que ses achats de chaleur sur le marché spot se situaient autour de 30 EUR/MWh en moyenne, un prix bien inférieur aux tarifs réglementés de Latvenergo. Cette stratégie permet de limiter l’impact des hausses sur les factures des consommateurs pendant les périodes hors saison de chauffage.

Un jeu politique sous-jacent

Derrière les chiffres se cache une bataille politique. Viesturs Kleinbergs a évoqué lors de son interview une possible “manipulation” des tarifs pour affaiblir la position de Riga dans les négociations avec le gouvernement central. “Les autorités tentent de rendre la ville dépendante en contrôlant les coûts énergétiques”, a-t-il suggéré, sans pour autant fournir de preuve concrète. Cette accusation intervient dans un contexte de tensions entre la mairie et le gouvernement letton, où les Progresīvie ont été exclus de la coalition au pouvoir.

Un jeu politique sous-jacent
cluster (priority): Dienas Bizness

Dans une réponse publiée par LA.LV, le maire a également mentionné que les discussions en cours visaient à faire de Riga un actionnaire majoritaire dans Rīgas Siltums, une stratégie qui pourrait réduire son exposition aux fluctuations des tarifs imposés par Latvenergo. Cependant, cette piste reste spéculative, et aucun accord n’a encore été officialisé.

Ce qui attend Riga cet hiver

Les Rigains peuvent-ils s’attendre à une nouvelle hausse des factures cet hiver ? La réponse dépend de plusieurs facteurs, selon les analyses croisées des sources. Latvenergo a confirmé à Dienas Bizness que les tarifs pourraient être révisés avant la prochaine saison de chauffage, mais l’ampleur de cette révision reste incertaine. Les coûts dépendront principalement :

  • Des négociations en cours avec Rīgas Siltums pour les contrats d’approvisionnement.
  • De la stabilité des prix du gaz naturel, actuellement influencés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient (notamment dans le détroit d’Ormuz).
  • Des décisions de la SPRK concernant les plafonds de prix pour les services publics.
  • Des investissements récents dans les infrastructures (20 km de réseaux modernisés, électrodes de chauffage, et énergies renouvelables), qui pourraient atténuer les hausses.
“Les investissements dans les énergies renouvelables et la réduction de la dépendance au gaz naturel devraient limiter les impacts futurs”, a expliqué un porte-parole de Rīgas Siltums, tout en soulignant que les coûts actuels restent élevés en raison des 50 % d’augmentation des prix du gaz sur le marché TTF depuis le début de l’année.

Ce qui attend Riga cet hiver
cluster (priority): LA.LV

Pour l’instant, les tarifs pour juin restent stables par rapport à mai, mais les Rigains doivent se préparer à une possible hausse à l’automne. La SPRK et Latvenergo devraient publier des mises à jour dès juillet, offrant une visibilité accrue. En attendant, les ménages peuvent surveiller les achats de chaleur sur le marché spot, où les prix restent bien inférieurs aux tarifs réglementés.

Que faire en pratique ?

Face à l’incertitude, voici les actions concrètes que les Rigains peuvent envisager :

  • Surveiller les annonces officielles : la SPRK et Latvenergo publieront des mises à jour tarifaires d’ici juillet. Les consommateurs sont invités à consulter les sites officiels pour éviter les rumeurs.
  • Optimiser sa consommation : même hors saison de chauffage, certaines habitations peuvent continuer à utiliser des systèmes de chauffage d’appoint, dont les coûts doivent être anticipés.
  • Comparer les options : Rīgas Siltums propose des contrats flexibles pour les consommateurs souhaitant limiter leur exposition aux hausses tarifaires.
  • Se renseigner sur les aides : des subventions pour la rénovation énergétique pourraient être disponibles, bien qu’aucun programme spécifique n’ait encore été annoncé pour 2026.
Les autorités locales et nationales devront également clarifier leur position pour éviter une crise de confiance supplémentaire parmi les habitants.

Cette affaire illustre une fois de plus les défis posés par la transition énergétique en Europe de l’Est, où les tensions politiques et économiques se mêlent aux enjeux climatiques. À Riga, la bataille pour le contrôle des coûts énergétiques est loin d’être terminée.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.