Rheinmetall et VMZ-Sopot Confirment Leur Engagement pour une Joint-Venture

Le dialogue entre Sofia et le géant de la défense Rheinmetall reprend sur des bases fragiles. Après une réunion au Conseil des ministres, le directeur exécutif de la division des matériaux énergétiques de Rheinmetall, Pascal Schreier, a qualifié les discussions de fruitueuses, affirmant que la rencontre a permis de poursuivre les pourparlers sur la création d’une joint-venture avec l’entreprise bulgare VMZ-Sopot, selon 24chasa.

Les défaillances du projet : absence de contrat et de budget

Le constat dressé par le gouvernement actuel est sévère. Le vice-premier ministre et ministre de l’Économie, Alexander Pulev, a révélé lors d’un briefing que le mécanisme global du projet souffre de lacunes critiques. Selon БНТ Новини, il n’existe actuellement aucun contrat constitutif ni aucune société commune établie entre VMZ et Rheinmetall.

L’analyse de M. Pulev pointe également un vide financier total. Le financement de ce projet d’envergure n’a jamais été prévu au budget central, malgré les promesses faites par le cabinet précédent de Boyko Borissov.

Un autre point de friction concerne la transparence des procédures. Le gouvernement actuel accuse ses prédécesseurs d’avoir engagé des négociations directes avec des entreprises de construction, notamment Hydrostroy et Glavbolgarstroy, sans passer par des appels d’offres publics, selon 24chasa.

Un terrain inapproprié et des enjeux financiers

Le choix du site industriel est également remis en question. Pour produire des munitions, une plateforme nécessite un approvisionnement constant en eau et en énergie. Or, le terrain alloué provient du fonds forestier : il n’y a pas d’eau, il y a une forêt, a déploré Alexander Pulev d’après БНТ Новини.

Cependant, la participation bulgare est aujourd’hui compromise. Selon standartnews.com, le mécanisme européen SAFE, initialement mis en avant, ne pourrait couvrir qu’une partie des fonds nécessaires.

Les ambitions stratégiques de Pascal Schreier et de Sofia

Malgré ces obstacles, Rheinmetall maintient ses objectifs. Pascal Schreier a précisé que la priorité est d’assurer la production de composants de poudre (propellants) qui ne sont pas disponibles sur le marché mondial. L’objectif est d’intégrer l’industrie bulgare dans la chaîne de valeur globale de l’entreprise allemande et de renforcer la sécurité nationale via la production de munitions aux normes OTAN, rapporte News.bg.

Photo: News.bg

L’ambition est que notre pays ne soit pas à la périphérie, mais au centre de toutes les initiatives de défense de l’UE. Alexander Pulev, Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie

Cette volonté politique vise à transformer la Bulgarie en un partenaire stratégique pour l’Allemagne, tout en modernisant l’armée nationale. Le projet prévoit la production de poudre et d’obus d’artillerie de 155 mm, avec des objectifs de production d’environ 100 000 obus par an et la création de près de 1 000 emplois hautement qualifiés, selon les données relayées par standartnews.com.

Calendrier et perspectives de redéfinition

Le calendrier initial, établi sous le gouvernement de Rosen Jeljakov, prévoyait le début de la production des corps d’obus en 2027 et celle de la poudre en 2028. Toutefois, Новини СЕГА rapporte que les négociations doivent désormais repartir de zéro. Le gouvernement estime qu’un processus d’assainissement complet est nécessaire pour protéger les intérêts bulgares, notamment en renégociant les paiements de licences et en imposant la participation de fournisseurs locaux.

Photo: БНТ Новини

L’incertitude demeure quant au temps nécessaire pour renégocier l’accord. Le ministre Pulev a averti que le processus pourrait être long, car il y a actuellement plus de questions que de réponses concernant la structure financière et juridique du projet, comme le souligne standartnews.com.

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