Le NHS d’Angleterre déploie la fampridine pour améliorer la marche des patients SEP

Le NHS d’Angleterre a annoncé le déploiement de la fampridine, le premier médicament conçu pour améliorer la capacité de marche des adultes atteints de sclérose en plaques (SEP).

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune incurable qui s’attaque au cerveau et à la moelle épinière, perturbant la coordination et le mouvement. Jusqu’à présent, la prise en charge des troubles de la marche se limitait principalement à la kinésithérapie, aux aides techniques ou aux dispositifs de soutien plantaire. L’introduction de la fampridine, également commercialisée sous le nom de Fampyra, marque un tournant thérapeutique en proposant une solution pharmacologique spécifique.

Le mécanisme de la fampridine : un « amplificateur de signal »

Administrée sous forme de comprimé deux fois par jour, la fampridine agit comme un amplificateur de signal pour les nerfs endommagés par la maladie. Selon NHS England, le médicament aide les messages électriques à circuler plus efficacement vers les muscles, restaurant ainsi une partie de la fonction musculaire.

L’efficacité du traitement a été documentée lors d’essais cliniques.

Les difficultés de marche peuvent avoir un impact énorme sur la liberté et l’indépendance des personnes atteintes de SEP, donc ce comprimé amplificateur de signal pourrait changer la vie de milliers de patients. Prof Frankie Swords, directrice médicale nationale du NHS

Critères d’éligibilité et protocole de suivi du NHS

Bien que plus de 120 000 personnes vivent avec la SEP en Angleterre, l’accès au médicament est restreint à un groupe spécifique basé sur l’échelle EDSS (Expanded Disability Status Scale), un outil utilisé par les médecins pour surveiller le handicap. Le traitement est recommandé pour les patients dont le score se situe entre 4 et 7.

  • Score de 4 : Capacité à marcher sans aide ni repos sur environ 500 mètres.
  • Score de 7 : Patients utilisant un fauteuil roulant ou incapables de marcher plus de 5 mètres.

Le processus d’attribution suit un protocole strict de vérification des bénéfices. Les patients testent le médicament pendant une période de deux à quatre semaines. Leurs capacités de marche sont évaluées avant et après ce traitement initial.

L’impact sur l’autonomie : le cas d’Aysen Slack

L’arrivée de la fampridine sur le NHS corrige une disparité financière majeure. Aysen Slack, 65 ans, résidente d’Eastbourne, avait initialement payé le traitement via le secteur privé. Elle a toutefois dû interrompre son traitement car le coût était devenu insoutenable à long terme.

La fampridine semblait bien fonctionner pour moi, mais payer pour le médicament représentait une dépense importante et je ne pouvais pas continuer cela indéfiniment. […] Ma mobilité a beaucoup diminué et même dans mon appartement, je dois maintenant utiliser des cannes. Aysen Slack, patiente atteinte de SEP

Pour Mme Slack, comme pour d’autres patients, l’accès gratuit via le service public représente l’espoir de retrouver une mobilité minimale. Le Professeur James Palmer, directeur médical national pour les services spécialisés au NHS England, souligne que pour ceux qui dépendaient uniquement de la kinésithérapie ou d’aides humaines, ce traitement offre une réelle espérance d’une plus grande indépendance.

Un alignement avec les autres nations du Royaume-Uni

Ce déploiement fait suite à une évaluation rigoureuse du Clinical Priorities Advisory Group du NHS England, qui examine les médicaments selon leur rapport bénéfice-coût.

Ceri Smith, head of policy and evidence à la MS Society, a exprimé sa satisfaction face à cette approbation. Elle a toutefois insisté sur la nécessité pour les services de santé d’assurer une disponibilité uniforme du médicament sur tout le territoire anglais.

C’est vital que les services de SEP aient maintenant le soutien dont ils ont besoin pour rendre la fampridine disponible à toutes les personnes atteintes de SEP qui pourraient en bénéficier, quel que soit l’endroit où elles vivent en Angleterre. Ceri Smith, MS Society

L’enjeu pour les milliers de patients concernés dépasse la simple vitesse de marche ; il s’agit, selon la MS Society, de permettre à certains de rester en emploi ou de vivre de manière plus autonome au quotidien.

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