Une nouvelle étude publiée en septembre 2026 dans la revue Nature révèle qu’une consommation élevée de sucre lors de traitements antibiotiques aggrave de manière significative la perturbation du microbiote intestinal, en particulier chez les patients immunodéprimés hospitalisés pour une greffe de cellules souches.
L’impact d’un régime riche en sucre sur le microbiote sous antibiotiques
Un travail de recherche publié dans la revue Nature apporte un éclairage inédit sur la manière dont notre alimentation quotidienne interagit avec ces traitements médicamenteux.
L’enquête a suivi 173 patients adultes hospitalisés pour une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques au Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York entre 2017 et April 2023. Les équipes de recherche ont épluché plus de 4 000 repas d’hôpitaux et analysé plus de 1 000 échantillons de selles. Environ quatre-vingt pour cent des participants ont reçu des antibiotiques à large spectre au cours de leur séjour.
Les données montrent qu’une alimentation riche en sucre conjuguée à l’usage d’antibiotiques à large spectre accélère l’effondrement de la diversité bactérienne dans les intestins. La baisse de cette diversité atteint un recul supplémentaire estimé à 24 % lorsque l’apport en produits sucrés augmente, d’après les analyses menées sur ces patients.

Prolifération de la bactérie Enterococcus et risques cliniques associés
Le principal coupable identifié par les chercheurs est la bactérie Enterococcus, capable de proliférer massivement lorsque la compétition naturelle disparaît.
Chez les patients immunodéprimés, cette prolifération n’est pas sans danger. Les entérocoques peuvent traverser la barrière intestinale et pénétrer dans le sang, déclenchant des infections graves comme une septicémie. Pour les malades atteints de cancers du sang ou en attente d’une greffe, la présence accrue de ces germes pèse lourdement sur leur pronostic vital et peut aggraver des complications comme la réaction du greffon contre l’hôte.

Les expériences complémentaires menées sur des souris confirment cette dynamique. Les rongeurs traités par des antibiotiques à large spectre et soumis à un régime riche en saccharose ont vu leurs populations d’entérocoques exploser, grimpant jusqu’à 16 fois la normale au troisième jour, puis atteignant 33 fois au sixième jour.
Limites des observations cliniques et recommandations pour le grand public
La cohorte étudiée se compose de malades lourdement traités pour des pathologies hématologiques, ce qui diffère radicalement d’une personne en bonne santé confrontée à une infection bénigne de ville.
Les scientifiques soulignent qu’aucune preuve formelle n’établit encore qu’une restriction stricte du sucre chez le citoyen lambda réduit le risque d’infection ou de diarrhée associée aux antibiotiques. En revanche, limiter les boissons sucrées et les excès de friandises relève du bon sens nutritionnel de base.
| Paramètre de l’étude | Données observées |
|---|---|
| Nombre de patients inclus | 173 adultes en allogreffe |
| Échantillons biologiques | Plus de 1 000 prélèvements fécaux |
| Repas analysés | 9 419 plateaux-repas d’hôpital |
| Bactérie ciblée | Enterococcus (et Enterococcus faecium) |
Questions fréquentes sur l’alimentation et la prise d’antibiotiques
Un régime sans sucre protège-t-il systématiquement des effets secondaires des antibiotiques ?
Non, la recherche n’a pas démontré qu’éviter totalement le sucre prévient les infections ou stoppe les diarrhées liées aux médicaments. L’étude indique simplement qu’un apport élevé en sucre amplifie la perturbation du microbiote chez des profils cliniques très vulnérables.
Les probiotiques sont-ils conseillés pour rétablir la flore intestinale sous traitement ?
L’utilisation de probiotiques ne convient pas à tout le monde. Chez les patients immunodéprimés ou en cours de traitement anticancéreux, les préparations à base de micro-organismes vivants comportent un risque infectieux réel et nécessitent un avis médical impératif.
À lire aussi