La province de Guantánamo a lancé sa campagne cafetière 2026-2027 avec l’objectif de récolter 294 568 latas réparties sur huit municipalités. Cette nouvelle zafra cherche à compenser les faibles rendements de la saison précédente, lourdement touchée par le passage de l’ouragan Melissa en octobre 2025.
Une campagne de relance après les ravages de l’ouragan Melissa
La province de Guantánamo a officiellement démarré sa campagne de récolte du café pour la saison 2026-2027. Les activités agricoles ont débuté dans huit municipalités de la région, avec un défi affiché de taille : corriger le tir après une saison précédente jugée très insuffisante par la presse officielle cubaine selon les informations de l’Agence Cubana de Noticias.
Les difficultés de la récolte passée s’expliquent par des conditions climatiques extrêmes. Le territoire a d’abord subi des pluies intenses avant d’être frappé de plein fouet par l’ouragan Melissa qui a touché terre dans l’est de Cuba durant la nuit du 29 octobre 2025. Avec le statut de système de catégorie 3 et des vents atteignant environ 195 kilomètres par heure, le cyclone a provoqué la chute massive des grains et détruit de nombreuses plantations.
Les évaluations régionales publiées par la suite ont estimé que la surface agricole touchée dans l’ensemble de la zone s’élevait à un nombre important d’hectares de cultures. Pour cette nouvelle campagne 2026-2027, le plan global est fixé à 294 568 latas à l’échelle provinciale.
Maisí en tête de la production et de la maturation des grains
À la date du 17 septembre, la province enregistrait une maturation cumulée de 25 535 latas. La municipalité de Maisí concentre l’essentiel de cette activité avec 20 395 latas mûres recensées, confirmant son statut de principal pôle producteur du territoire. Le journal provincial Venceremos indique que ces volumes ne doivent toutefois pas inciter au relâchement, car une accélération soudaine de la maturation dans les zones clés pourrait saturer les capacités de ramassage.
Concernant le volume total déjà collecté, le bilan s’établit à 34 374 latas au 17 septembre. Les municipalités de Maisí, Yateras et El Salvador affichent les plus importants engagements de livraison pour l’ensemble de la campagne :
- Maisí : Plus de 20 800 latas acquises lors des premières phases de collecte.
- Yateras : Plus de trois mille latas acheminées vers les centres de tri.
- El Salvador : Plus de trois mille latas également enregistrées au bilan de la collecte.
Les défis structurels et climatiques face à la demande nationale
Les autorités locales insistent sur la nécessité de surveiller de près les plantations. Les récentes précipitations et les températures élevées accélèrent la maturation du fruit, ce qui fait craindre des pertes importantes par la chute des cerises si la main-d’œuvre et les moyens de transport ne suivent pas le rythme dicté par les champs.

Cette campagne se déroule dans un contexte de crise agricole plus large. Le secteur fait face à une diminution chronique de sa main-d’œuvre montagnarde, à des pannes de courant récurrentes, à un manque d’intrants et à des retards dans la rémunération des producteurs. Ces obstacles entravent l’entretien des cultures et l’acheminement rapide du café vers les usines.
Cette pénurie a poussé des usines de transformation, comme la torrefactora Manuel Ascunce dans la province de Villa Clara, à utiliser du maïs, du sorgo et du riz pour maintenir leurs activités en août 2026, bien loin des quantités annuelles atteintes au début des années 1960.
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