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Isolement en santé mentale : la ministre Butler se défend

Isolement prolongé en Irlande : La ministre de la Santé face aux critiques sur le traitement des patients souffrant de troubles mentaux

DUBLIN, Irlande – La ministre d’État chargée de la Santé mentale, Mary Butler, s’est défendue lundi contre les accusations selon lesquelles l’isolement serait utilisé comme substitut aux soins appropriés, suite à la diffusion d’une enquête choquante révélant le cas d’un homme atteint de lésions cérébrales maintenu en isolement quasi-continu pendant près de cinq ans.

L’enquête, diffusée dimanche par RTÉ Investigates, met en lumière le cas de Stephen Loughnane, qui a été placé en isolement continu en 2021 à la prison de Limerick, avant d’être transféré à l’ancien et au nouvel hôpital psychiatrique central (CMH) à Dublin. L’isolement, qui s’est poursuivi dans les trois établissements, est considéré comme une pratique contraire aux normes modernes de soins psychiatriques.

Interrogée sur RTÉ’s Morning Ireland, la ministre Butler a reconnu que la situation de M. Loughnane était inacceptable, tout en soulignant que l’isolement peut parfois être une mesure appropriée pour assurer la sécurité du patient et des autres, notamment en cas de risque d’automutilation ou de violence. Elle a toutefois précisé que l’utilisation de l’isolement au CMH avait “significativement diminué” au cours des 18 derniers mois.

“Je ne souhaite voir personne en isolement pendant plus de 23 heures”, a déclaré la ministre. “Mais il y a des situations où c’est un traitement approprié si une personne est un danger pour elle-même ou pour les autres.”

L’affaire soulève des questions plus larges sur la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux en Irlande, en particulier celles incarcérées. La ministre Butler a insisté sur la nécessité d’une approche globale impliquant tous les ministères concernés, et non uniquement celui de la Santé. Elle a rappelé que le Programme gouvernemental prévoit un renforcement des soutiens médico-légaux dans les prisons.

“Cela doit être une approche globale, pas seulement de la santé”, a-t-elle affirmé. “Le Programme gouvernemental stipule clairement que nous devons avoir davantage de soutiens médico-légaux dans les prisons.”

Le ministère de la Santé est confronté à des défis importants en matière de santé mentale, a-t-elle reconnu, et doit s’adapter pour y répondre de manière adéquate. L’expansion de la capacité du CMH est une priorité, mais la ministre a souligné que même avec des financements supplémentaires, le recrutement de personnel spécialisé reste un obstacle majeur.

Actuellement, 114 patients sont soignés au CMH, et deux lits supplémentaires ont été ouverts en décembre. Vingt-six lits supplémentaires devraient être opérationnels d’ici la fin de l’année. La ministre a également précisé que 90 % des patients admis au CMH proviennent du système pénitentiaire, mais que l’hôpital accueille également d’autres patients ayant besoin de soins spécialisés.

Elle a admis que des personnes se trouvent actuellement dans des établissements inadaptés, comme les prisons, alors qu’elles seraient mieux soignées dans un hôpital. Tout en reconnaissant que les personnes incarcérées sont là pour une raison, elle a souligné que beaucoup souffrent également de graves troubles mentaux.

Des services psychiatriques sont déjà disponibles dans dix prisons irlandaises, assurés par une équipe d’environ 40 professionnels. Cependant, l’affaire Loughnane met en évidence la nécessité d’une amélioration significative de la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du système pénitentiaire.

L’isolement prolongé est reconnu par les organisations de défense des droits de l’homme et les professionnels de la santé mentale comme pouvant avoir des conséquences psychologiques dévastatrices, notamment l’aggravation des symptômes, l’anxiété, la dépression et le développement de troubles de stress post-traumatique. L’affaire Loughnane pourrait donc avoir des répercussions importantes sur les politiques et les pratiques en matière de santé mentale en Irlande.

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