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Iran obtient visas US pour Coupe du Monde : équipe relogée au Mexique

by Thomas Moreau - Sports
Visa et logistique : un transfert de dernière minute vers le Mexique

Les joueurs de l’équipe nationale d’Iran ont obtenu leurs visas pour entrer aux États-Unis ce vendredi 5 juin 2026, à dix jours de leur premier match à Los Angeles. Cette décision intervient alors que la sélection déplace sa base d’entraînement de l’Arizona vers Tijuana, au Mexique, dans un climat de tensions diplomatiques persistantes.

Visa et logistique : un transfert de dernière minute vers le Mexique

Le suspense qui entourait la participation de l’Iran à la Coupe du Monde 2026 semble toucher à sa fin sur le plan administratif. Un responsable de la Maison Blanche a confirmé, comme l’a rapporté The Guardian, que les visas américains ont été accordés durant la nuit, levant ainsi une incertitude majeure pour la sélection nationale. Cette délivrance de dernière minute change radicalement la donne logistique pour la “Team Melli”. Initialement prévue pour s’installer dans l’Arizona, l’équipe a dû négocier un déplacement vers Tijuana, une ville frontalière du Mexique. Ce changement de base suit un sentiment croissant en Iran que la présence de la délégation sur le sol américain devait être réduite au strict minimum. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a accepté d’accueillir l’équipe, facilitant ainsi leur arrivée prévue à Tijuana ce dimanche matin. Le parcours diplomatique pour obtenir ces documents a été complexe. Mehdi Taj, président de la fédération iranienne de football, a précisé la procédure suivie sous l’égide de la FIFA :

« Hier, j’ai eu des discussions avec la FIFA concernant les visas américains. On nous a dit de soumettre tous les passeports à l’ambassade des États-Unis à Ankara. » Mehdi Taj, via <a href="https://www.aljazeera.

Visa et logistique : un transfert de dernière minute vers le Mexique
cluster (priority): The Independent
Malgré ce déblocage, le calendrier reste serré. L’Iran doit affronter la Nouvelle-Zélande le 15 juin à Los Angeles, avant de défier la Belgique le 21 juin, puis l’Égypte le 26 ou le 27 juin à Seattle.

Les conditions de Washington et la menace de l’IRGC

Les conditions de Washington et la menace de l'IRGC
cluster (priority): Al Jazeera
Si les joueurs sont désormais autorisés à entrer sur le territoire américain, l’accès reste strictement encadré par des impératifs de sécurité nationale. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a clairement indiqué aux législateurs que Washington n’autoriserait pas l’inclusion de membres de la délégation liés à l’Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), la branche armée de l’Iran. Cette position est d’autant plus sensible que les États-Unis et le Canada classent l’IRGC comme une entité terroriste. Comme l’explique The Independent, plusieurs joueurs de l’effectif actuel ont effectué leur service militaire obligatoire au sein de ce groupe. Cette tension politique a déjà eu des répercussions concrètes sur les dirigeants sportifs : Mehdi Taj s’était vu refuser l’entrée au Canada lors du Congrès de la FIFA à la fin du mois d’avril en raison de ses liens avec cette force militaire d’élite.

Un football déchiré entre tradition et contestation

Au-delà des enjeux diplomatiques, la participation de l’Iran à ce tournoi revêt une dimension sociologique profonde. Pour beaucoup d’Iraniens, le football a longtemps été un symbole d’espoir et de résilience. Dans une analyse de The Guardian, on se remémore l’image d’un homme, dans un film d’Abbas Kiarostami, réparant une antenne sous la pluie pour ne pas manquer un match, illustrant que le sport passait parfois avant la survie même.

« Cette séquence est directement tirée d’une expérience similaire lors de mon voyage dans la région touchée par le tremblement de terre dans les premiers jours après la catastrophe. [L’homme] avait le bras gauche dans le plâtre, était torse nu et, de la main droite, frappait une pierre contre une autre à la base de l’antenne pour la fixer. J’ai vu qu’après cet événement, ce qui importait, c’était la vie – et puis le football.

Iran soccer team yet to secure visas for World Cup
Un football déchiré entre tradition et contestation
cluster (priority): The Guardian
Cependant, cette communion nationale a volé en éclats après septembre 2022. La mort de Mahsa Amini sous la garde de la police a déclenché le mouvement « Femme, Vie, Liberté », marquant une rupture entre une partie de la population et l’équipe nationale. Pour une frange de la société, les joueurs ne sont plus les ambassadeurs de tout un peuple, mais sont devenus ${« l’équipe du régime »}. Cette fracture est devenue si vive qu’il n’y a eu presque aucune célébration visible sur les réseaux sociaux lors de la récente qualification pour ce Mondial, contrairement aux liesse de 1998.

État de forme : une victoire contre le Mali pour stabiliser l’équipe

Sur le plan purement sportif, l’Iran semble avoir trouvé un certain équilibre malgré le chaos environnant. La sélection vient de réaliser une performance solide en Turquie, s’imposant 2-0 face au Mali lors d’un match amical.
  • Score final : Iran 2 – 0 Mali
  • Buteurs : Saeid Ezatolahi et Ramin Rezaeian
  • Bilan des matchs de préparation : 3 victoires, 1 défaite en 4 rencontres
Ces rencontres ont été cruciales, car le championnat domestique iranien a été suspendu suite aux frappes aériennes américaines et israéliennes qui ont déclenché la guerre régionale à la fin du mois de février. Pour les joueurs, ce tournoi ne sera pas seulement une quête de gloire sportive, mais une épreuve de force dans un environnement où chaque geste est scruté, tant par les instances internationales que par leur propre nation. <!– /wp:paragraph Les joueurs iraniens devront désormais attendre la validation finale des visas par les autorités américaines avant de pouvoir rejoindre le stade pour le début de la Coupe du Monde 2026.

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