Nouveau leader iranien promet de poursuivre le blocage du détroit d’Ormuz, l’ombre nucléaire plane
WASHINGTON – L’arrivée de Mojtaba Khamenei à la tête de l’Iran, après la mort de son père et d’une partie de sa famille dans des frappes américano-israéliennes, s’accompagne d’une escalade verbale et d’une inquiétude grandissante concernant le programme nucléaire iranien. Dans sa première déclaration publique, le nouveau guide suprême a appelé à la vengeance contre l’alliance américano-israélienne et a promis de maintenir la pression sur les intérêts occidentaux en bloquant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, une voie navigable stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Khamenei a également menacé d’ouvrir de nouveaux fronts contre les États-Unis et Israël, et a averti que les pays du Golfe accueillant des bases militaires américaines resteraient des cibles potentielles d’attaques iraniennes.
Mais c’est l’absence de mention du programme nucléaire iranien qui préoccupe le plus l’administration Trump. Les responsables américains, cités par le Los Angeles Times, se disent dans l’incertitude quant à la position du nouveau leader sur la question de la fabrication d’armes nucléaires.
Cette incertitude est d’autant plus grande que Khamenei entretient des liens étroits avec les Gardiens de la révolution islamique, une organisation qui a par le passé plaidé en faveur de la militarisation du programme nucléaire. L’ayatollah Ali Khamenei, le père de Mojtaba, avait émis une fatwa en 2003 interdisant les armes nucléaires, une doctrine dont la pérennité est désormais remise en question.
Les services de renseignement américains estiment que l’ancien guide suprême avait adopté une stratégie consistant à rester au seuil du développement d’une arme nucléaire, sans pour autant franchir le pas. Mais le contexte actuel, marqué par la perte de membres de sa famille et la dévastation de l’armée iranienne, pourrait inciter le nouveau leader à reconsidérer cette approche.
“Même si le président Trump déclare la victoire demain et souligne les dégâts causés à l’armée iranienne, il faut reconnaître que nous avons maintenant un régime plus intransigeant en place, disposant des ingrédients clés pour fabriquer une arme nucléaire”, a déclaré Eric Brewer, de la Nuclear Threat Initiative. L’Iran dispose toujours d’un stock d’uranium enrichi à 60%, proche du grade militaire, ainsi que de centrifugeuses avancées.
Patrick Clawson, du Washington Institute for Near East Policy, souligne que la position de Mojtaba Khamenei sur le programme nucléaire reste un mystère. Il n’existe aucune preuve tangible qu’il se soit opposé au Plan d’action global commun (JCPOA), l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les grandes puissances sous l’administration Obama.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a mis en garde Khamenei contre la poursuite des travaux nucléaires, l’exhortant à déclarer publiquement qu’il n’avait pas l’intention de développer une arme nucléaire.
La question de savoir comment démanteler le programme nucléaire iranien sans recourir à une intervention terrestre massive, que Trump cherche à éviter, reste un défi majeur. Une fin de conflit laissant l’infrastructure nucléaire iranienne partiellement intacte pourrait avoir des conséquences désastreuses, selon les experts.
