Belfius augmente le taux de base de son compte d’épargne Flow, passant de 1,30 % à 1,60 % dès le 1er juillet, selon DHnet. Cette hausse s’inscrit dans un marché belge où ING propose désormais des taux atteignant 3,10 %, tandis que le rendement moyen des comptes classiques stagne autour de 0,87 %.
Le nouveau positionnement du compte Flow de Belfius
La modification tarifaire entrée en vigueur le 1er juillet concerne spécifiquement le compte d’épargne Flow. Selon DHnet, le taux de base grimpe à 1,60 %. L’établissement maintient toutefois sa prime de fidélité à 1,50 %.
L’accès à cette prime reste conditionné à la stabilité des fonds. Pour en bénéficier, les montants doivent demeurer sur le compte sans interruption pendant 12 mois suivant le versement. Ce mécanisme de prime de fidélité est une pratique courante dans le secteur bancaire belge, permettant aux institutions de stabiliser leur base de dépôts tout en offrant un rendement supérieur sur le long terme.
L’offensive d’ING et la réalité du marché belge
Belfius n’est pas la seule institution à ajuster ses curseurs. Moustique.be rapporte qu’ING rejoint désormais les rangs des comptes les mieux rémunérés du pays avec un taux pouvant atteindre 3,10 %.

Pourtant, ce dynamisme au sommet du classement masque une inertie généralisée. Le rendement moyen des comptes d’épargne classiques en Belgique oscille toujours autour de 0,87 %. Les offres dépassant les 2 % ou 3 % demeurent des exceptions dans un paysage bancaire encore marqué par la lenteur de la transmission des hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE).
En Belgique, le système de rémunération de l’épargne est structurellement divisé entre le taux de base, applicable immédiatement, et la prime de fidélité, qui récompense la détention des fonds sur une année complète. Cette structure permet aux banques de limiter le coût des dépôts pour les clients mobiles tout en attirant ceux qui recherchent une stabilité.
Les obstacles à la rentabilité réelle pour l’épargnant
L’optimisation du rendement ne dépend pas uniquement du taux affiché. Plusieurs contraintes techniques limitent le gain effectif des clients.
- Plafonnement des versements : Certains comptes limitent les dépôts à 500 euros par mois, empêchant les détenteurs de capitaux importants de profiter pleinement des taux élevés.
- L’effet inflation : Avec un taux d’inflation actuel de 4 % selon Statbel, tout livret rapportant moins que ce seuil entraîne une perte de pouvoir d’achat réel, malgré les intérêts perçus.
- La prime de fidélité : Le taux total communiqué inclut souvent une prime dont l’acquisition nécessite un blocage des fonds pendant 12 mois.
Cette situation a conduit le gouvernement belge à solliciter l’Autorité belge de la concurrence en 2023 pour examiner le fonctionnement du marché, suite aux critiques sur la lenteur des banques à revaloriser l’épargne. L’enjeu est de déterminer si la concentration du marché bancaire belge freine la concurrence sur les taux d’intérêt, empêchant les épargnants de bénéficier pleinement de la politique monétaire restrictive de la BCE.
Comparatif des conditions de rémunération
L’analyse des données disponibles montre un écart significatif entre les offres d’appel et la moyenne du marché.

| Indicateur | Valeur / Condition | Source |
|---|---|---|
| Taux ING (Maximum) | 3,10 % | Moustique.be |
| Taux Base Belfius Flow | 1,60 % | DHnet |
| Rendement moyen classique | 0,87 % | Moustique.be |
| Inflation (Statbel) | 4 % | Moustique.be |
Le constat est sans appel : pour la majorité des épargnants, le rendement nominal reste inférieur à l’inflation. L’inertie des clients, qui conservent souvent d’anciens comptes moins rémunérés, est également soulignée par Testachats comme un frein à l’optimisation des gains. Pour l’épargnant, le passage d’un compte classique à un compte comme le Flow de Belfius ou les offres d’ING représente un gain marginal, mais nécessaire pour limiter l’érosion monétaire.
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