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Iran : coupure d’internet, répression et bilan des protestations s’alourdit

Iran : Coupure d’internet, répression meurtrière et accusations de terrorisme dans un contexte de crise

Téhéran, Iran – L’Iran est plongé dans une crise profonde, marquée par une coupure quasi-totale d’internet depuis le 8 janvier, une répression violente des manifestations et des accusations mutuelles de terrorisme avec Israël et les États-Unis. Le gouvernement iranien, confronté à une colère populaire croissante alimentée par une crise économique persistante, intensifie sa stratégie de contrôle de l’information et de répression.

Selon le vice-ministre de l’Intérieur, Ali Akbar Pourjamshidian, aucune date n’est prévue pour rétablir complètement l’accès à internet. Cette coupure, qui isole davantage le pays du monde extérieur, rend également le travail des organisations de défense des droits humains extrêmement difficile.

Le Conseil de sécurité nationale iranien accuse Israël et les États-Unis d’être responsables de “nombreux actes de terrorisme” commis sur le territoire iranien les 8 et 9 janvier, qualifiant ces événements de continuation d’une “guerre imposée” débutée en juin 2025. Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées.

Un bilan macabre en constante augmentation

Le bilan officiel des manifestations qui ont débuté fin décembre est désormais de 3 117 morts, selon les chiffres publiés mercredi par les autorités. Parmi ces victimes, 2 427 sont qualifiées de “martyrs”, incluant des “innocents” et des membres des forces de l’ordre. Cependant, les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel de victimes est considérablement plus élevé.

Iran Human Rights, une organisation basée en Norvège, estime dans un rapport du 22 janvier que plus de 25 000 personnes ont péri depuis le début des protestations, ayant documenté 3 428 cas confirmés. Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’organisation, souligne que ses statistiques sont basées sur des normes rigoureuses de vérification, nécessitant soit deux sources indépendantes, soit un accès direct à des sources fiables.

Parallèlement, HRANA, une agence de presse américaine spécialisée dans les droits humains en Iran, a confirmé 4 519 décès au début de la semaine, avec plus de 9 000 cas supplémentaires en cours d’investigation.

Pression sur les familles des victimes

Des témoignages glaçants font état de pressions exercées par les autorités sur les familles des manifestants tués. Avant de leur rendre les corps de leurs proches, les autorités exigent souvent la signature d’une déclaration reconnaissant les défunts comme membres volontaires des Basij, la milice paramilitaire liée aux Gardiens de la révolution, impliquée dans la répression des manifestations.

Farazaneh, une source qui a souhaité rester anonyme, a raconté à DW que les parents de son neveu, tué le 8 janvier, ont été contraints de payer une somme importante, surnommée “l’argent de la balle”, pour récupérer son corps après avoir refusé de signer cette déclaration.

Blessures non déclarées et crise du système de santé

De nombreux manifestants blessés par des tirs à balles réelles craignent de se rendre dans les hôpitaux, redoutant des représailles. Des médecins iraniens en exil rapportent une augmentation dramatique des cas de blessures par balle, notamment aux yeux, dans les hôpitaux de nombreuses villes.

Amir Mobarez Parasta, un chirurgien ophtalmologiste irano-allemand, a révélé avoir appris qu’un hôpital spécialisé à Téhéran avait recensé environ 7 000 blessures oculaires graves d’ici le 16 janvier. Il souligne que le personnel médical iranien, comme lors des manifestations de 2022 suite à la mort de Jina Mahsa Amini, privilégie la protection des manifestants.

[Intégration d’une vidéo pertinente sur le sujet, si disponible sur YouTube ou une autre plateforme]

Un contexte économique explosif

La vague de protestations actuelle a été déclenchée par une détérioration de la situation économique et une inflation galopante, mais s’est rapidement transformée en une expression plus large de la contestation contre le système politique autoritaire. Le régime a répondu par une répression massive et brutale.

La communication avec l’extérieur est désormais extrêmement limitée, les Iraniens ne pouvant contacter le monde extérieur que par des lignes terrestres coûteuses, sans possibilité de contacter des personnes depuis l’étranger.

Cette situation critique souligne l’urgence d’une réponse internationale pour garantir le respect des droits humains en Iran et faciliter un dialogue constructif pour résoudre la crise.

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