Nancy Mace a terminé cinquième lors de la primaire républicaine pour le poste de gouverneur de Caroline du Sud ce mardi, marquant une chute politique spectaculaire pour l’élue républicaine. Selon WCIV, cette défaite met un terme, au moins temporaire, à une carrière marquée par des prises de position audacieuses et des polémiques fréquentes.
Une défaite attribuée aux principes affichés
Dans son discours de concession prononcé sur Daniel Island, Nancy Mace a explicitement lié son échec électoral à ses décisions législatives controversées. L’ancienne députée estime que son engagement pour la transparence a érodé son soutien au sein de sa base électorale.
« J’ai voté pour la publication des dossiers Epstein et j’ai perdu du soutien pour cela. En tant que survivante, j’ai choisi de défendre mes principes et de m’opposer à la dissimulation autour d’Epstein. »
Nancy Mace, lors de son discours de concession
Mace a également mentionné ses efforts pour exposer les juges liés aux programmes de diversité, équité et inclusion (DEI), ainsi que sa volonté de dénoncer les abus sexuels, des choix qu’elle qualifie de « mauvais » si l’unique objectif était de remporter l’élection. Ce positionnement sur des dossiers nationaux polarisants, plutôt que sur des thématiques locales traditionnelles comme les infrastructures ou la fiscalité étatique, a souvent été cité par les analystes politiques comme un facteur de friction avec l’appareil du parti en Caroline du Sud.
Le décalage entre les sondages et les urnes
Les résultats électoraux contrastent vivement avec les données publiées par le propre site de la candidate quelques jours auparavant. Selon nancymace.org, un sondage réalisé par Stratus Intelligence entre le 9 et le 11 mars 2026 plaçait Mace en tête des intentions de vote avec 24 % des suffrages, devançant Alan Wilson (18 %) et Pamela Evette (15 %).
Clare Considine, directrice des sondages chez Stratus Intelligence, affirmait alors que la « trajectoire positive » de Mace la plaçait dans la meilleure position pour consolider ses appuis. Pourtant, le jour du scrutin, c’est bien Wilson et Evette qui se sont qualifiés pour le second tour, laissant Mace loin derrière. Ce type d’écart, qualifié par les observateurs de « déconnexion électorale », illustre la volatilité des primaires républicaines dans l’État, où les sondages téléphoniques peinent parfois à capter l’enthousiasme réel des électeurs dans les zones rurales par rapport aux centres urbains comme Charleston.
Une carrière sous le signe de la controverse
Le parcours de Nancy Mace a été rythmé par des revirements politiques et des comportements jugés erratiques par ses pairs. Après avoir tenté de prendre ses distances avec Donald Trump après les événements du 6 janvier 2021, elle a finalement réaligné sa communication pour se présenter comme une fidèle alliée de l’ancien président. Ce repositionnement visait à sécuriser une base électorale profondément acquise à l’ancien président, mais il a également aliéné certains électeurs modérés des banlieues qui constituaient historiquement le socle de sa force électorale.
Son mandat a été entaché d’incidents publics notables, notamment en octobre 2025, lorsqu’elle a été filmée en train de crier sur des responsables de l’aéroport de Charleston, les qualifiant d’« incompétents ». Cet événement a provoqué une lettre de condamnation signée par les sénateurs Tim Scott et Lindsey Graham, soulignant une rupture notable au sein de la délégation républicaine de Caroline du Sud. Ces incidents ont alimenté les critiques sur son tempérament, souvent perçu comme imprévisible par les instances dirigeantes du parti au niveau local.
L’avenir hors de la sphère politique
Interrogée sur ses intentions futures, Nancy Mace a confirmé qu’elle ne chercherait pas à retrouver son siège au Congrès. Elle a exprimé son intention de retourner dans le secteur privé, affirmant que son temps en politique était arrivé à son terme conformément à ses engagements initiaux de 2020.
« De retour dans le secteur privé à la fin de ce mandat, comme l’avaient prévu les Pères fondateurs. Quand je me suis présentée en 2020, j’ai dit que je ne servirais que trois mandats et mon temps est écoulé. »
Nancy Mace, via les réseaux sociaux
Pour l’heure, l’ex-élue a annoncé qu’elle soutiendrait la campagne d’Alan Wilson pour le second tour du 23 juin, marquant ainsi la fin d’un chapitre politique intense, marqué par des menaces régulières — son bureau recevant plus de 1 300 menaces de mort par an — et une polarisation constante de l’opinion publique. La gestion de ces menaces, documentée par les services de sécurité du Capitole, a été une constante de son mandat, illustrant la pression croissante exercée sur les élus fédéraux dans un climat politique national hautement volatile.
