Le gouvernement irakien et le gouvernement syrien ont signé, vendredi, un protocole d’accord visant à réhabiliter l’oléoduc reliant la ville irakienne de Haditha à la ville côtière syrienne de Banias, sur la mer Méditerranée. Le projet sera exécuté par la société américaine Chevron.
La signature de cet accord a eu lieu lors d’un sommet de la Chambre de commerce américaine à Washington, en présence du ministre américain de l’Énergie, Chris Wright. Les documents ont été signés par le directeur général de la société pétrolière de Bassora, Bassem Abdel Karim Nasr, et le directeur général de la société pétrolière syrienne, Youssef Qablawi.
Un projet stratégique pour l’approvisionnement énergétique
Selon le ministère américain des Affaires étrangères, l’Irak et la Syrie s’orientent vers la remise en service de cette infrastructure pétrolière avec une capacité initiale pouvant atteindre deux millions de barils par jour.
Ce projet est considéré par Washington comme une étape importante pour favoriser l’intégration régionale. Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a souligné que cette initiative offre une opportunité d’accroître la production pétrolière irakienne, de réduire la dépendance envers des « voisins hostiles » et de favoriser la prospérité énergétique de l’Irak.

Contexte historique et enjeux logistiques
L’oléoduc, dont une partie du tracé historique s’étendait de Kirkouk au nord de l’Irak jusqu’à la côte syrienne, possédait une capacité nominale de 700 000 barils par jour, selon les données de l’administration américaine d’information sur l’énergie (EIA). Cette infrastructure est à l’arrêt depuis qu’elle a subi des dommages lors de l’invasion de l’Irak en 2003.
Actuellement, l’Irak dépend fortement de la ville portuaire de Bassora, située au sud sur le golfe Persique, en raison du nombre limité d’options de transport par pipeline pour acheminer son pétrole vers les marchés mondiaux. La diversification des routes d’exportation est devenue un enjeu majeur, particulièrement dans un contexte où la production pétrolière irakienne a chuté de plus de 50 %, passant à environ 1,9 million de barils par jour en juin, contre 4,2 millions de barils par jour en février, selon les données de l’OPEP.
Vers un nouveau corridor régional
La diplomatie américaine soutient activement ce projet, le qualifiant de « mémorandum historique ». L’ambassade des États-Unis à Bagdad a précisé que les entreprises américaines joueront un rôle clé dans les travaux de construction.
Dans une déclaration, l’ambassade américaine a évoqué une vision plus large, portée par des alliances de connectivité entre les pays du Moyen-Orient. Ce projet s’inscrit dans la création d’un nouveau corridor stratégique reliant la Mésopotamie, le Levant, la Turquie et le Golfe. Selon les autorités américaines, cette interconnexion pourrait réduire significativement l’importance du détroit d’Ormuz pour les exportations énergétiques au cours des prochaines années.

Résumé des objectifs du projet
| Objectif | Détails |
|---|---|
| Opérateur principal | Société américaine Chevron |
| Capacité prévue | Jusqu’à 2 millions de barils par jour |
| Localisation | De Haditha (Irak) à Banias (Syrie) |
| Finalité | Renforcement de l’intégration régionale et diversification des exportations |
Le gouvernement américain a salué l’implication d’un consortium international mené par des entreprises américaines, affirmant que le projet favorisera la stabilité et la sécurité dans la région.
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