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Gaza : Le système de santé sous attaque

Gaza : Le système de santé au bord du gouffre, les professionnels de la santé pris pour cible dans un conflit implacable

GAZA – Le système de santé de Gaza est au bord de l’effondrement, submergé par des mois de bombardements incessants et confronté à des pénuries critiques de fournitures médicales, de personnel et d’infrastructures. Depuis le début de l’escalade du conflit le 7 octobre 2023, plus de 1 700 professionnels de la santé palestiniens ont été tués, selon les données disponibles, transformant les hôpitaux en zones de guerre et laissant des communautés entières sans accès aux soins essentiels.

La situation est d’autant plus poignante pour ceux qui connaissaient personnellement les victimes. Dr Maisara Azmi Al Rayyes, un jeune médecin spécialisé dans la santé des femmes et des enfants, formé à King’s College London, a été tué en novembre 2023 lors d’une frappe israélienne sur sa maison à Gaza City, avec la plupart de sa famille. Son assassinat, comme celui de tant d’autres, souligne le coût humain dévastateur du conflit et la vulnérabilité des professionnels de la santé qui s’efforcent de fournir des soins dans des conditions inimaginables.

Les attaques contre les infrastructures et le personnel médical ne sont pas un phénomène nouveau. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a documenté plus de 3 254 attaques contre les soins de santé dans les territoires palestiniens occupés au cours des deux dernières décennies, entraînant la mort ou la blessure de plus de 4 200 patients et personnels médical.

Récemment, l’incident impliquant Hussein Hassan Al-Samiri, un ambulancier de la Société du Croissant-Rouge Palestinien, tué en février 2025 lors d’une frappe aérienne israélienne ciblant des ambulances clairement identifiées près de Khan Younis, illustre une tactique alarmante : les « double frappes ». Ces attaques, où une première frappe est suivie d’une seconde ciblant les secouristes arrivant sur les lieux, sont considérées comme des crimes de guerre. Des témoignages remontent à des incidents similaires lors de l’invasion israélienne du Liban en 1982.

En mars 2024, un incident particulièrement choquant a vu l’exécution de 15 ambulanciers et secouristes palestiniens dans la zone d’al-Hashaashin, avant que leurs corps ne soient enterrés dans une fosse commune. Des images récupérées sur le téléphone d’un des secouristes ont circulé dans les médias internationaux, suscitant l’indignation mais n’entraînant pas de sanctions significatives.

Le bilan humain global est effroyable. Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 71 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, avec des taux de mortalité civile dépassant les 80 %. L’espérance de vie à Gaza a chuté de 74 à environ 35 ans en raison de la violence, de la famine, du déplacement et de la destruction du système de santé.

Même le « cessez-le-feu » décrété en octobre 2025 n’a pas apporté de répit. Plus de 529 Palestiniens ont été tués et plus de 1 400 blessés depuis son entrée en vigueur, avec plus de 1 450 violations signalées, notamment des frappes aériennes et des tirs d’artillerie. Les promesses d’évacuation sécurisée pour les malades et les blessés se sont avérées vaines. En janvier 2026, seulement 24 enfants ont pu être évacués vers la Jordanie, tandis que près de 20 000 patients restent piégés à Gaza, dont 4 500 enfants ayant besoin de soins urgents. Plus de 1 200 patients sont morts en attendant l’autorisation de quitter la région.

L’aide humanitaire elle-même est sous attaque. Israël a refusé de renouveler les licences d’exploitation d’au moins 37 organisations humanitaires internationales, dont Médecins Sans Frontières et le Conseil norvégien pour les réfugiés. De plus, une législation a été adoptée permettant de couper l’électricité et l’eau aux agences des Nations Unies fournissant une aide vitale.

Ces actions soulèvent des questions fondamentales sur le respect du droit international et les principes humanitaires. La communauté internationale, en particulier les États-Unis et l’Europe, est confrontée à un test moral. La passivité face à la situation à Gaza risque de saper la crédibilité de l’ordre international fondé sur des règles et d’encourager l’impunité.

La crise à Gaza est un rappel brutal des conséquences de l’occupation et de l’apartheid, qui façonnent tous les aspects de la vie palestinienne. La résilience et la détermination du peuple palestinien, ainsi que la solidarité mondiale croissante, offrent une lueur d’espoir, mais une action urgente est nécessaire pour mettre fin à la violence, rétablir l’accès aux soins de santé et garantir la protection des civils.

Lien vers une vidéo d’Al Jazeera sur les médecins disparus à Gaza

Lien vers un article d’Al Jazeera sur les derniers moments des médecins de Gaza

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