Home NouvellesFilm palestinien : “All That’s Left of You” et la perte de Mohammad Bakri

Film palestinien : “All That’s Left of You” et la perte de Mohammad Bakri

« Ce qui reste de nous » : un film palestinien poignant résonne dans un contexte mondial de crise

New York – Le film « Ce qui reste de nous » (All That’s Left of You), réalisé par la cinéaste palestino-américaine Cherien Dabis, offre un regard intime et multigénérationnel sur l’histoire palestinienne, un récit d’amour, de perte et de résilience qui trouve un écho particulier dans le contexte actuel de conflit. Sélectionné comme représentant officiel de la Jordanie pour l’Oscar du meilleur film international, le long métrage a été salué pour sa sensibilité et sa pertinence.

Le film suit une famille palestinienne sur trois générations, débutant en 1948, explorant les conséquences de l’exil, de l’occupation et des traumatismes intergénérationnels. Dabis, qui joue également dans le film, a expliqué que son objectif était de montrer la force et l’humanité d’un peuple souvent réduit à des statistiques ou à des titres de journaux.

« C’est l’histoire de la façon dont l’histoire façonne les individus, change les relations familiales et détermine les destins », a déclaré Dabis lors d’une interview sur Democracy Now!. « Mais au cœur, c’est l’histoire de la volonté extraordinaire de survivre aux bouleversements politiques et aux pertes personnelles. »

Le film est d’autant plus poignant qu’il a été tourné en partie en Cisjordanie occupée avant et pendant l’escalade du conflit israélo-palestinien en octobre 2023. Dabis a raconté les défis logistiques et émotionnels auxquels son équipe a été confrontée après le début de la guerre à Gaza, décrivant une situation où la vie et l’art se sont inextricablement liés.

« Nous avons été forcés d’évacuer la Cisjordanie peu après le 7 octobre », a-t-elle expliqué. « Nous étions en train de vivre l’histoire que nous racontions, et cela a pris une lourde charge émotionnelle sur nous tous. »

Le film rend également hommage à l’acteur palestinien Mohammad Bakri, décédé en décembre dernier à l’âge de 72 ans. Bakri, une figure emblématique du cinéma palestinien, joue le rôle du grand-père dans « Ce qui reste de nous », aux côtés de ses fils, Adam et Saleh Bakri. Dabis a souligné l’importance de travailler avec la famille Bakri, une véritable dynastie artistique palestinienne.

« Travailler avec Mohammad a été un honneur », a-t-elle déclaré. « Il était un acteur discipliné, rigoureux et profondément engagé. Il a apporté une profondeur et une nuance incroyables à son rôle. »

Le film aborde également des questions morales complexes, notamment la question de la résistance et de la survie dans un contexte d’occupation. Dabis a souligné que le film ne cherche pas à donner des réponses faciles, mais plutôt à susciter la réflexion et le dialogue.

« Le film pose des questions difficiles sur ce que signifie être palestinien aujourd’hui », a-t-elle déclaré. « Il explore les dilemmes moraux auxquels sont confrontés les Palestiniens, et il montre la diversité des expériences et des perspectives. »

Selon les données de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens dans le Proche-Orient (UNRWA), plus de 7,1 millions de Palestiniens sont enregistrés en tant que réfugiés. Le conflit israélo-palestinien a entraîné des déplacements massifs de populations et des souffrances considérables.

« Ce qui reste de nous » est actuellement diffusé dans les salles de New York, Los Angeles et San Francisco, et son expansion à d’autres villes américaines est prévue. Le film offre une perspective rare et nécessaire sur l’histoire palestinienne, et il est susceptible de susciter un débat important sur la situation au Moyen-Orient.

[Lien vers la bande-annonce du film sur YouTube (si disponible)]

[Lien vers le compte Instagram de Cherien Dabis (si disponible)]

[Lien vers un article de presse sur le film (si disponible)]

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.