Home InternationalEnquête sur Walz et Frey : tensions avec l’ICE au Minnesota

Enquête sur Walz et Frey : tensions avec l’ICE au Minnesota

Enquête fédérale sur les dirigeants du Minnesota accusés d’entraver les opérations d’ICE

Minneapolis, Minnesota – Le département de la Justice américain a ouvert une enquête sur le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, et le maire de Minneapolis, Jacob Frey, pour des allégations d’entrave aux opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cette escalade de tensions entre l’administration Trump et les dirigeants de l’État intervient dans un contexte de vives protestations suite à la mort d’une femme abattue par un agent d’ICE la semaine dernière.

L’enquête, révélée par CBS News, porte sur des commentaires publics des deux responsables critiquant ICE. Selon un responsable américain cité par CBS, l’enquête se concentre sur le paragraphe 18 U.S.C. § 372, qui criminalise la conspiration pour empêcher des agents fédéraux d’exercer leurs fonctions par la force, l’intimidation ou les menaces.

La tension a atteint un point critique après la mort de Renee Good, 37 ans, abattue par un agent d’ICE le 11 janvier. Les circonstances de son décès sont contestées. L’administration Trump affirme que Good a tenté de renverser l’agent avec son véhicule, tandis que les autorités locales et des observateurs légaux soutiennent qu’elle ne représentait aucun danger. Un rapport du service d’incendie de Minneapolis, consulté par CBS News, indique que Good a reçu au moins trois blessures par balle, et potentiellement une quatrième à la tête.

Le gouverneur Walz a réagi à l’annonce de l’enquête sur X (anciennement Twitter), dénonçant une “tactique autoritaire” consistant à “utiliser le système judiciaire contre ses opposants”. Il a souligné que la seule personne non faisant l’objet d’une enquête concernant la mort de Renee Good était l’agent d’ICE qui a tiré.

Le maire Frey a également exprimé son indignation, déclarant dans un communiqué à la BBC qu’il ne se laisserait pas intimider. Il a dénoncé une tentative “évidente” d’intimidation pour sa défense des habitants de Minneapolis et de ses forces de l’ordre locales face à ce qu’il considère comme le “chaos et le danger” apportés par l’administration actuelle.

Parallèlement à l’enquête, un juge fédéral a imposé des restrictions aux opérations d’ICE et d’autres forces de l’ordre à Minneapolis. La juge Katherine Menendez a interdit l’utilisation de gaz poivre et d’autres armes non létales contre les manifestants pacifiques, et a bloqué les arrestations de manifestants pacifiques. Elle a également limité les pouvoirs des agents fédéraux en matière d’arrêts de véhicules, stipulant qu’un simple suivi d’un agent fédéral ne constitue pas un motif raisonnable de suspicion.

Ces restrictions interviennent alors que des milliers d’agents d’ICE restent déployés dans l’État. Des manifestations se poursuivent à Minneapolis, et des législateurs démocrates ont organisé une conférence de presse vendredi pour condamner les opérations d’immigration fédérale, les qualifiant de “répressives et illégales”. La représentante Ilhan Omar, originaire du Minnesota, a accusé ICE de chercher à “provoquer le chaos et la peur”.

L’administration Trump a répliqué en critiquant les manifestants et les dirigeants locaux. Sur son réseau social Truth Social, l’ancien président Trump a accusé les manifestants d’être des “professionnels payés” et a affirmé que Walz et Frey avaient “totalement perdu le contrôle”. Il a également menacé d’invoquer l’Insurrection Act pour déployer des troupes fédérales, mais a finalement déclaré qu’il n’y avait “aucune raison” de le faire pour le moment.

Le DHS a défendu ses tactiques, affirmant que les agents peuvent demander à vérifier l’identité de personnes se trouvant à proximité d’une personne détenue, mais a rejeté les accusations de discrimination raciale.

L’affaire met en lumière les tensions croissantes entre le gouvernement fédéral et les États et villes qui cherchent à limiter la coopération avec les opérations d’immigration. Elle soulève également des questions importantes sur l’utilisation de la force par les agents d’ICE et sur les droits des manifestants.

Le département de la Justice n’a pas encore commenté l’enquête.

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