Gianni Infantino, président de la FIFA, a lancé un plan visant à vendre des parts dans les droits commerciaux de l’organisation, une initiative estimée à 20 milliards de dollars. Ce projet suscite une vive opposition de l’UEFA et de diverses parties prenantes qui dénoncent la marchandisation de la gouvernance du football.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de maximisation financière. Selon Yahoo! Actualités, le dirigeant prévoit de vendre des parts dans les droits commerciaux de l’instance mondiale, un coup de force dont la valeur avoisine les 20 milliards de dollars. Cette manœuvre s’inscrit dans une logique de profitabilité accrue, la FIFA devant générer environ 15 milliards de dollars de revenus sur son cycle 2023-26, soit presque le double du montant des quatre années précédentes.
L’UEFA condamne la vente des actifs de gouvernance
L’UEFA a réagi avec fermeté à cette proposition, publiant un communiqué pour condamner l’initiative avant même l’annonce officielle de la FIFA. L’instance européenne appelle les associations nationales, les ligues, les joueurs et les supporters à s’opposer à ce projet.
L’UEFA a affirmé dans un communiqué officiel que cela franchissait une ligne que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais franchir, précisant que l’organisation prenait cette situation extrêmement au sérieux. Elle a estimé que chaque association nationale de football, ainsi que chaque partie prenante — incluant les ligues, les clubs, les joueurs, les supporters, les gouvernements et tous ceux qui se soucient de l’avenir du jeu — devrait agir en conséquence. L’instance a ajouté que l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs négociables, surtout en l’absence de transparence sur les bénéficiaires financiers, concluant que personne n’est propriétaire du football.
L’analyse de Yahoo!
Stratégies de profit et réseaux d’influence
La préparation de la Coupe du monde 2026 semble entièrement tournée vers le profit. Selon la même source, cela se traduit par l’optimisation des ventes de billets, des publicités pour les pauses hydratation et des accords d’hospitalité. La Coupe du monde des clubs est également présentée comme une preuve de concept pour maximiser les revenus.
Le montage financier s’appuie sur des alliances stratégiques. DAZN a acquis les droits de diffusion pour une somme proche d’un milliard de dollars, montant initialement discuté avec Apple TV+ avant l’échec des négociations, tandis que Fox Sports et NBC auraient refusé de soumettre d’offres. Parallèlement, SURJ Sports Investment, filiale du fonds souverain saoudien, a acquis environ 10 % de DAZN. L’Arabie saoudite doit par ailleurs accueillir la Coupe du monde 2034.
Le réseau de Gianni Infantino s’étend également aux sphères politiques américaines. Le président de la FIFA a assisté à l’investiture de Donald Trump et lui a remis le nouveau Prix de la paix de la FIFA lors du tirage au sort pour 2026. En retour, Donald Trump aurait suggéré la candidature d’Infantino au poste de secrétaire général des Nations unies. Ce climat d’influence est marqué par la présence de Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner — frère du gendre de Trump, Jared Kushner —, à la tête du groupe d’investisseurs proposé pour FFE.
Un précédent financier avec SoftBank et JPMorgan
Ce n’est pas la première fois que Gianni Infantino tente d’introduire des capitaux massifs dans le football. En 2018, il avait soutenu une offre de 25 milliards de dollars, appuyée par le fonds japonais SoftBank, pour financer de nouvelles compétitions, dont une version élargie de la Coupe du monde des clubs masculine. Si l’UEFA avait résisté à l’époque, les bases d’une commercialisation accrue étaient posées.
L’article de Yahoo! Actualités rappelle également l’exemple de la ligue FFE, lancée avec 3,25 milliards d’euros engagés par JPMorgan. Ce projet avait finalement été abandonné suite à des protestations massives des supporters, des ligues et des fédérations.
Aujourd’hui, la stratégie d’Infantino repose sur un levier financier rendant la résistance coûteuse pour les petites nations. Le président de la FIFA a d’ailleurs répondu aux critiques de la Coupe du monde 2026 via une publication Instagram de 15 diapositives, listant ses accomplissements et opposant des contre-arguments aux griefs formulés avant le tournoi.
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