Facundo Moyano a été libéré le mardi après quinze heures de détention dans un commissariat de Buenos Aires, à la suite d’une intervention des autorités pour des accusations de violences et de privation de liberté visant sa compagne, Candela Arizaga, dans un immeuble de Belgrano.
L’arrestation de Facundo Moyano a replacé la famille du dirigeant syndical le plus puissant du pays au centre de l’actualité politique et médiatique argentine. La police a intercepté l’intéressé alors qu’il poursuivait sur l’avenue del Libertador une jeune femme décrite comme une influenceuse, Candela Arizaga, laquelle fuyait semi-due et appelait au secours avant d’être hospitalisée pour des polytraumatisages, selon les vérifications publiées par le média Tribuna de Periodistas.
Durant la même intervention, les agents ont constaté des signes compatibles avec la consommation de stupéfiants et ont saisi des substances sur les lieux, un élément susceptible d’alourdir la situation judiciaire de l’intéressé, d’après les mêmes rapports. Après avoir passé plus de six heures dans un commissariat de Belgrano, une gestion administrative a permis de le transférer vers une cellule de l’Alcaldia Comunal 4, située dans le quartier de Barracas, à quelques cuadras du domicile de son père, Hugo Moyano. Finalement, il a recouvré la liberté avant 21 heures le même mardi, après quinze heures de privation de liberté consécutives à son inculpation pour des soupçons de lésions légères dans un contexte de violences de genre et de séquestration, d’après les informations rapportées par le quotidien La Nación.
Le Sindicato Único de Trabajadores de Peaje et son parc automobile
L’affaire judiciaire met de nouveau en lumière le train de vie et les finances de Facundo Moyano, actuellement à la tête du Sindicato Único de Trabajadores de Peaje (Sutpa). Créée en 2006, cette organisation syndicale revendique sur son site Internet 7 000 adhérents, bien que les registres des élections de l’année précédente fassent état d’un padrón d’à peine 5 659 personnes habilitées à voter. Selon les données de Nosis issues de la base ARCA, le syndicat cumule une dette fiscale de près de 34 millions de pesos et emploie entre 22 et 26 salariés.
Malgré ces indicateurs, le syndicat a acquis au cours de l’année 2026 un ensemble de huit véhicules neufs (0KM) dont la valeur marchande globale dépasse 400 millions de pesos. C’est à bord de l’un de ces véhicules de fonction, un Toyota Corolla GR-Sport, que Facundo Moyano a pris place mardi après avoir témoigné devant le parquet. L’ensemble de la flotte syndicale s’élève à 48 véhicules, aucun d’entre eux n’étant un utilitaire destiné aux interventions sur les autoroutes, ce qui équivaut à deux voitures pour chaque employé du secteur, Lanacion.
Les déclarations de patrimoine et la polémique sur les revenus
La gestion financière de l’ancien député national, qui a occupé un siège à la Chambre basse entre 2011 et 2019, suscite de longue date des interrogations publiques. Durant son mandat parlementaire, il a constitué l’unique membre de la fratrie Moyano soumis à l’obligation de présenter une déclaration de biens auprès de l’Office anticorruption. En 2013, lors des débats sur la réforme judiciaire, il avait voté en faveur d’une transparence accrue pour les magistrats tout en traînant des retards dans la remise de ses propres dossiers patrimoniaux. À l’époque, les documents présentés affichaient des sommes en pesos et des dollars en espèces hors du circuit formel, précise la publication spécialisée.
Facundo Moyano, dirigeant syndical et ancien député, a déclaré auprès de La Nación qu’il n’était pas fonctionnaire public et qu’il n’avait donc pas à dire où il habitait ni à qui il louait un bien, ajoutant qu’il ne savait même pas qui était la fille de Caputo.
Actuellement, son parcours professionnel inclut un contrat de travail au sein d’Aubasa, l’entreprise publique de la province de Buenos Aires dirigée par l’administration d’Axel Kicillof par l’intermédiaire de José Arteaga, un responsable lié au Front rénovateur de Sergio Massa. Son proche collaborateur au Sutpa, Diego Lasala, siège d’ailleurs au directoire d’Aubasa comme représentant des salariés.
Les liens familiaux et le réseau d’entreprises du secteur
Le nom de Facundo Moyano est également apparu par le passé dans le giron d’Aconra SA, l’entreprise de construction dirigée par Liliana Esther Zulet, épouse de Hugo Moyano et gestionnaire du réseau de sociétés gravitant autour du syndicat des camioneurs. Des registres comptables indiquent que cette firme a reçu une somme importante entre le 7 et le 29 mai derniers par le biais d’un fonds fiduciaire nommé Khasis, les fonds provenant des comptes de la compagne syndicale auprès du Banco Provincia, d’après les investigations menées par le quotidien.
Parallèlement, les enquêtes de presse soulignent la proximité de ses cercles de relations avec d’autres figures impliquées dans des dossiers judiciaires retentissants, à l’instar d’Elías Piccirillo, l’homme d’affaires arrêté dans le cadre d’enquêtes sur le blanchiment d’argent et les opérations de change, ainsi que des interrogations sur ses connexions avec les promoteurs de plateformes de streaming telles que Carajo et Blender. Tandis que l’enquête pour violences et séquestration suit son cours, le dossier remet en question la compatibilité entre les fonctions syndicales exercées et les manifestations extérieures d’une fortune dont l’origine demeure l’objet de vives controverses publiques en Argentine.
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